MADAGASCAR

Inondations à Madagascar : "Le prix du riz ne cesse d’augmenter"

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Commune d’Anosizato Ouest, où des constructions bouchent les canaux d'évacuation des eaux. Toutes les photos ont été prises par Benja Andriamananalina, le 26 février.

Le passage de la tempête tropicale Chedza à Madagascar en janvier et les fortes précipitations qui l'ont suivie ont fait plusieurs dizaines de morts et mis à la rue des dizaines de milliers de personnes. Le plus grave semble toutefois à venir, car les cultures vivrières ont également été fortement affectées par les inondations, mettant en péril les récoltes de l’année. Et le prix du riz augmente déjà, selon Benja Andriamananalina, ingénieur agronome.

Dans la commune rurale d’Ampanefy, la population tente de sauver ce qu’elle peut, alors que plus de 200 hectares de riz ont été détruits.

"Sur les hauts plateaux, 60 % de la récolte annuelle va être perdue"

Benja Andriamananalina, ingénieur agronome, est également chef de projet de l’association Amitié France Madagascar.

Sur les hauts plateaux, des milliers d’hectares de cultures vivrières ont été détruits par le vent et les inondations. On estime que 60 % de la récolte annuelle va être perdue. En ce moment, on récolte le riz, et le kilo vaut 1 600 ariarys malgaches (50 centimes d’euro environ), contre 1 000 habituellement (30 centimes d’euro environ). Et les prix devraient continuer à augmenter.

On va devoir importer encore davantage de riz cette année, alors que le pays en achète déjà 200 000 tonnes tous les ans.

Sur les hauts plateaux, une soixantaine de personnes sont mortes depuis deux mois et on compte plus de 20 000 sinistrés. Le problème, c’est que les autorités locales n’ont pas les moyens de faire face aux intempéries, alors cela revient tous les ans.

 

 

Commune rurale de Soavina, où la totalité des cultures rizicoles et maraîchères a été détruite, soit plus de 500 hectares.

 

Dans la capitale Tananarive, les gens construisent des maisons n’importe où, dans des zones inondables par exemple. Certaines sont bâties au niveau des canaux d’évacuation, ce qui empêche l’eau de s’écouler normalement. Et les maisons résistent de moins en moins à la pression de la montée des eaux.

Commune rurale de Soavina.

L’île de Madagascar fait face à de violentes intempéries – cyclones, tempêtes, fortes pluies – chaque année, entre novembre et avril, faisant à chaque fois de nombreuses victimes. En janvier, la tempête Chedza avait touché dix régions sur les 22 que compte le pays, selon le Bureau national de gestion des risques et des catastrophes.

Commune rurale d’Ampanefy.

Ce billet a été rédigé en collaboration avec Chloé Lauvergnier (@clauvergnier), journaliste à France 24.