IRAN

Pas de soins médicaux pour les journalistes iraniens emprisonnés

Le journaliste Masoud Bastani est emprisonné en Iran depuis six ans. Très malade, il a été autorisé à se rendre à l’hôpital pour des examens. Les autorités iraniennes l’ont pourtant renvoyé en prison dix jours plus tard. Son cas, loin d’être isolé, met en lumière les méthodes employées contre les prisonniers politiques en Iran.

Publicité

Masoud Bastani respirait grâce à l'aide de machines, lorsqu'il a été renvoyé en prison.

 

Le journaliste Masoud Bastani est emprisonné en Iran depuis six ans. Très malade, il a été autorisé à se rendre à l’hôpital pour des examens. Les autorités iraniennes l’ont pourtant renvoyé en prison dix jours plus tard. Son cas, loin d’être isolé, met en lumière les méthodes employées contre les prisonniers politiques en Iran.

Masoud Bastani avait été arrêté en 2009 pour des articles critiques envers le régime iranien. Condamné à six ans de prison, il doit normalement être libéré à l’été 2015. Mais son état de santé inquiète ses proches et des organisations internationales de défense des droits de l’Homme.

Le 20 février dernier, Masoud Bastani a été victime d’une crise cardiaque. Il a été autorisé à être transféré vers un hôpital de Téhéran pour y être soigné, à titre exceptionnel. Mais dix jours plus tard, le directeur de la prison a exigé son retour derrière les barreaux. Le corps médical s’y est opposé, indiquant que le journaliste n’avait pas pu passer tous les examens nécessaires et qu’il avait besoin d’une assistance respiratoire. Le journaliste a tout de même été renvoyé en cellule.

Le cas de Masoud Bastani n’est pas isolé. Les autorités iraniennes permettent très rarement aux prisonniers politiques d’être transférés à l’hôpital, quel que soit leur état de santé, alors que les accords internationaux qu’elles ont signés les y obligent théoriquement. De nombreux prisonniers politiques, comme Omid Kokabi, un physicien n’ayant pas souhaité participer au programme nucléaire iranien, ou encore Maryam Shafipour, une étudiante activiste, sont ainsi tombés gravement malades et n’ont pas eu accès aux soins pendant leur détention.

Dans une lettre ouverte publiée en 2010, Amnesty International et Reporters sans frontières ont demandé aux autorités iraniennes d’accorder des soins médicaux adéquats aux prisonniers politiques. Une demande restée à ce jour sans réponse.

Said Razavi Faqih, un autre prisonnier politique renvoyé en prison alors que son traitement n'était pas terminé.

"C’est une méthode employée pour torturer les prisonniers"

Maryam Maloul est la mère du journaliste Masoud Bastani.

Ça fait trois ans environ que Masoud a un problème, n’ayant pas encore été diagnostiqué. La partie gauche de son corps est paralysée. On a demandé plusieurs fois au procureur de Téhéran de lui accorder une permission de quelques semaines, afin que les médecins aient le temps de diagnostiquer sa maladie et puissent le guérir. Mais notre demande n’a jamais été acceptée.

L’hôpital dans lequel Masoud a été transféré est rempli à craquer. Il n’a donc pas pu être placé dans le service adéquat et est resté aux urgences pendant dix jours. Il respirait avec l’aide de machines. On a demandé à ce qu’il soit transféré dans un meilleur hôpital, mais les autorités n’ont pas accepté.

Au bout de dix jours, les autorités ont voulu renvoyer Masoud vers la prison. Les médecins se sont opposés à son transfert et ont demandé à ce qu’il reste sur place. Le ton est monté entre eux et les gardiens de la prison, qui ont finalement emmené Masoud en pleine nuit, alors qu’il respirait avec l’aide de machines.

C’est loin d’être un cas isolé. Visiblement, c’est une méthode employée pour torturer les prisonniers et mettre les familles sous pression.

Mostafa Daneshjou, un autre prisonnier politique renvoyé en prison alors que son traitement n'était pas terminé.