AUSTRALIE

Une laverie ambulante pour les sans-abris australiens

À Brisbane, sur la côte est de l’Australie, deux jeunes arpentent la ville à bord d’une camionnette étonnante. À l’intérieur : des machines à laver et des sèche-linge. Une belle initiative qui permet aux sans-abris de la ville de laver leur linge gratuitement.

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À Brisbane. Photos publiées sur la page Facebook du projet "Orange Sky Laundry".

À Brisbane, sur la côte est de l’Australie, deux jeunes arpentent la ville à bord d’une camionnette étonnante. À l’intérieur : des machines à laver et des sèche-linge. Une belle initiative qui permet aux sans-abris de la ville de laver leur linge gratuitement.

Les deux jeunes, âgés de 20 ans, ont lancé leur projet en août dernier. Ils l’ont baptisé "Orange Sky Laundry" en référence à une chanson du Britannique Alexi Murdoch. Face au succès rencontré par leur initiative à Brisbane, une deuxième camionnette destinée aux sans-abris sillonne désormais également les rues de Cairns.

Lucas Patchett (en bas, à gauche) et Nicholas Marchesi (en bas, à droite) sont à l'origine du projet "Orange Sky Laundry".

Selon Homelessness Autralia, il existe plus de 100 000 sans-abris en Australie, dont 20 000 environ dans l’État de Queensland, où sont situées les villes de Brisbane et Cairns.

"Pendant que les machines tournent, on discute énormément"

Nicholas Marchesi est le co-fondateur du projet "Orange Sky Laundry", avec Lucas Patchett.

Quand on était plus jeunes, on participait à des programmes d’aide sociale. Par exemple, chaque semaine, on distribuait des petits-déjeuners gratuits aux personnes déshéritées avec notre école.

Pour pouvoir accueillir deux machines à laver et deux sèche-linge, cette camionnette a dû être réaménagée.

L’an dernier, on a voulu aider les déshéritées à notre manière. Chaque semaine, on se rend dans une dizaine d’endroits à Brisbane. Pour faire tourner les machines, on utilise l’eau de parcs et de magasins situés à proximité. Trente à quarante volontaires se relaient régulièrement pour sillonner la ville. Notre projet est financé en très grande partie par des dons, mais également par quelque sponsors.

"Chaque jour, 30 à 40 personnes viennent nous voir à Brisbane"

Chaque jour, 30 à 40 personnes utilisent nos machines à laver à Brisbane. Pendant que les machines tournent, les sans-abris peuvent recevoir un repas, servi par des "food trucks". Et surtout, on en profite pour discuter.

Paul, sans-abri vivant à Brisbane.

Ils nous racontent leurs histoires. Chacune est unique, mais elles ont souvent des points communs. Certains se sont retrouvés à la rue après avoir perdu leur travail ou fait face à de gros problèmes d’argent. D’autres ont sombré dans l’alcool ou la drogue par exemple, ce qui a pu les isoler. D’autres encore souffrent de troubles mentaux ou ont été victimes de maltraitance.

"Certains sans-abris n’avaient encore jamais lavé leurs habits"

Parmi les gens qui viennent nous voir, il y a beaucoup d’hommes ayant entre 30 et 50 ans. [Selon Homelessness Autralia, 56 % des sans-abris sont des hommes, NDLR]. Mais on rencontre aussi des plus jeunes et des femmes. Certains sont à la rue depuis plusieurs mois, voire plusieurs années, c’est très variable. Ce sont presque toujours des personnes seules, car il y a très peu de familles entières à la rue.

Lorsque le cyclone Marcia a atteint les côtes australiennes, en février, cette famille s'est retrouvée avec un mètre et demi d'eau dans sa maison. Elle a pu laver et sécher ses affaires, et donc éviter de les jeter.

Certains sans-abris n’avaient encore jamais lavé leurs habits. Ils utilisaient les mêmes vêtements pendant des semaines et allaient en chercher des nouveaux auprès d’organismes sociaux une fois qu’ils étaient trop sales.

D’ici la fin de l’année 2015, on aimerait étendre notre projet à d’autres villes australiennes. On a déjà identifié 15 endroits où on pourrait l’implanter.

Avant le lancement du projet " Orange Sky Laundry ", ce sans-abri de Brisbane n'avait jamais pu laver ses vêtements et ses draps.

Cet article a été écrit en collaboration avec Chloé Lauvergnier, journaliste à France 24.