Poings levés, une douzaine d'étudiants occupent depuis deux jours le bureau de la directrice de la Newark Public Schools.

Une douzaine de lycéens occupe depuis deux jours et deux nuits le bureau de Cami Anderson, la directrice de la Newark Public Schools, une organisation qui gère le fonctionnement de 66 écoles publiques de la ville de Newark, dans le New Jersey. En colère contre des nouvelles réformes, ils espèrent que leur action, largement relayée sur les réseaux sociaux, poussera la responsable à démissionner.

Mardi, les douze adolescents se sont introduits dans le bureau de Cami Anderson, alors qu'elle assistait à une réunion. Elle n’a pas pu le réinvestir depuis.


Les lycéens lui reprochent d’avoir mis en place en septembre dernier le "One Newark", une réforme de grande ampleur reposant notamment sur le renouvellement de la plupart des directeurs des écoles et la mise en place d’une loterie pour gérer les admissions.

Symbole d’une génération connectée, ce petit groupe utilise tous les supports possibles et imaginables pour relayer sa mobilisation. Sur Twitter tout d’abord, avec le hashtag #OccupyNPS pour "Occupy Newark Public Schools", référence évidente au mot d’ordre #OccupyWallStreet de leurs aînés, réunis devant Wall Street il y a quelques années.

Sur YouTube ensuite, où les jeunes se sont filmés pour un "hangout" en direct.



Facebook, ou même Snapchat – une application qui permet d'envoyer des photos visibles quelques secondes par les autres utilisateurs – sont également largement utilisés par la douzaine d’adolescents. Des moyens qui permettent d'exercer une pression : lorsque la direction a tenté d’empêcher des amis de faire parvenir de la nourriture aux mutins, la scène a été filmée et relayée sur les réseaux sociaux. Depuis, les étudiants ont pu se restaurer.

Fin janvier, et afin d’anticiper la crise, Cami Anderson avait rédigé une tribune sur le site du New Jersey.com, un texte dans lequel elle expliquait que "le changement est peut-être difficile, mais utile." Mercredi, toujours sur ce même site, le ton était moins cordial lorsque l’assistant de Cami Anderson, Brad Haggerty, a fait savoir que l’établissement avait fait remettre aux parents des protestataires, par l'internédiaire de la police, une lettre leur demandant de renvoyer leurs enfants à l’école.
“Nous voulons prendre part à une discussion productive, et si nous apprécions la passion de nos étudiants, la direction pense très sincèrement que cette passion serait mieux utilisée dans une salle de classe", a déclaré Brad Haggerty.