Photos avec l'aimable autorisation de Iwacu-Burundi, prises par Fabrice Manirakiza.

"Des milliers de personnes dans la rue pour un journaliste, c’est du jamais vu" nous rapporte un Observateur à Bujumbura, capitale du Burundi. Après un mois passé en prison, le journaliste Bob Rugurika a été libéré sous caution pour quinze millions de francs burundais (8 300 euros) jeudi 19 février.


À l’annonce de sa sortie de prison, c’est une marée humaine défilant avec des eucalyptus et des offrandes en tout genre qui a convergé vers la prison de Muramvya.

Une femme venue offrir un régime de banane à Rugurika. Beaucoup de manifestants arboraient des objets de couleur verte, en référence à la couleur que portent les prisonniers au Burundi.

Le journaliste était accusé de "complicité d'assassinat" de trois religieuses italiennes, suite à un reportage diffusé par le média qu'il dirige, la Radio publique africaine (RPA), au cours duquel un homme se présente comme l'un des assassins et met en cause des hauts responsables des services secrets burundais.


La foule était tellement importante que son véhicule a été bloqué pendant plusieurs dizaines de minutes.


Le journaliste s’est ensuite rendu à la RPA pour être interviewé. Il a affirmé qu’il continuerait "son travail d’information du public, peu importe le prix".


S'il est actuellement libre, Bob Rugurika est toujours visé par quatre chefs d'inculpation : "complicité d'assassinat", "manquement à la solidarité publique", "violation du secret d’instruction" et "recel de malfaiteurs". La date de son jugement n'a cependant pas été annoncée.