Bombes lacrymogènes d'un côté et jets de pierres volcaniques de l'autre : à Goma, forces de l'ordre et manifestants se sont affrontés jeudi 22 janvier.

La journée de jeudi a été particulièrement tendue à Goma, dans l’est de la République démocratique du Congo, où des milliers de manifestants hostiles au président Joseph Kabila ont affronté les forces de l’ordre.

Des manifestations avaient déjà eu lieu mardi et mercredi, mais celle du jeudi 22 janvier a atteint une plus grande ampleur, prenant de court la police. Selon des journalistes sur place, au moins trois manifestants seraient morts jeudi, des informations non confirmées par les autorités du Nord-Kivu.

Nos Observateurs nous ont fait parvenir quelques vidéos prises durant la journée où l'on voit manifestants et forces de l'ordre s'affronter à coups de jets de pierre et de gaz lacrymogènes. Plusieurs manifestants s'en sont pris à magasins ou à des bennes à ordures publiques.


Selon nos Observateurs, les revendications des manifestants à Goma étaient variées. Beaucoup s’insurgeaient contre la coupure d’Internet de ces dernières 48 heures. D’autres protestaient contre l’arrestation, mardi, de professeurs de l’université de Goma réputés proches de l’opposition.

Toutes les photos ont été publiées sur le blog Actudukivu.

En milieu de matinée, la garde républicaine et l’armée congolaise ont été déployées pour prêter main forte à la police. Selon un de nos Observateurs, "les manifestants voulaient s’en prendre aux policiers mais pas aux soldats qui jouissent à Goma d’une forte popularité après leurs victoires militaires contre le [groupe rebelle] M23 en 2013".

Plusieurs Observateurs nous ont également signalé que des habitants dans l’est de Goma avaient traversé la frontière pour se réfugier à Gisenyi et Rubavu, deux villes rwandaises à la frontière avec la RD Congo.

Photo publiée sur Twitter montrant des Congolais de Goma partant vers Rubavu, au Rwanda.

À l'origine des troubles à Goma et Kinshasa ces derniers jours : un projet de loi contesté susceptible de permettre au président Kabila de se maintenir au pouvoir au-delà de son mandat, qui expire fin 2016, alors que la Constitution lui interdit de se représenter. Jeudi, le président du Sénat a reporté à vendredi matin l’examen de cette loi.

À Goma, le maire a annoncé que tous les établissements d'enseignements fermaient leurs portes jusqu'à lundi "le temps de nous assurer que la situation est redevenue calme". Dans la soirée, les heurts continuaient dans les quartiers Mabanga et Ndosho, dans le nord et l’ouest de la ville.