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ITALIE

Élan de solidarité à Gallipoli pour accueillir les migrants du Blue Sky M

4 mn

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Photo datant du 30 décembre, elle a été postée sur le compte Facebook de la Croix rouge de la province de Lecce.

Dans la nuit du 30 décembre, les garde-côtes italiens ont secouru 796 passagers clandestins qui se trouvaient à bord du Blue Sky M, un cargo abandonné par son équipage au large de l’île de Corfou. Après plusieurs heures de négociation et d’organisation, c’est le port de Gallipoli qui a été choisi pour accueillir le bateau et ses migrants. Cette petite ville de la région des Pouilles n’a pas l’habitude de ces opérations, les bateaux arrivant principalement sur les côtes siciliennes. Mais la ville et les habitants ont su se montrer solidaires explique notre Observateur.

"Les habitants ont ramené de l'eau et des couvertures aux migrants."

Tommaso Tomaiuolo a 41 ans et vit à Alezio, à 5km de Gallipoli. Il nous raconte l’événement qui secoue la petite ville depuis trois jours.

Le soir du 30 décembre, j’ai vu sur Twitter que les garde-côtes italiens avaient envoyé un hélicoptère vers 21h pour porter secours à un bateau. Puis j’ai suivi, depuis mon ordinateur, le trajet du bateau de l’île de Corfou jusqu’à Gallipoli. Il est arrivé au port le 31 décembre, à 3h15 dans la nuit. Il y avait des volontaires sur place, tout était prêt quand les migrants sont arrivés. Le maire a fait un très bon travail. Les passagers ont été placés dans trois écoles de Gallipoli. Je voulais aller les rencontrer, les aider, alors je suis allé dans l’une de ces écoles à 8h du matin.

Photo par Tommaso Tomaiuolo, prise le 31 décembre à 8h; le bateau a été complètement vidé de ses passagers.

J’ai pu parler à des hommes, à travers les grilles de l’école. J’ai posté la vidéo sur YouTube.

Vidéo par Tommaso Tomaiuolo datant du 31 décembre. Un des passagers, resté dans une école, lui explique en arabe qu'ils étaient à peu près 700 sur le bateau, que la mer était agitée et qu'ils ont demandé de l'aide au gouvernement italien. Il raconte que les humanitaires se sont bien occupés d'eux et il remercie l'Italie.

Quand je suis revenu l’après-midi, j’ai discuté avec un autre passager. Je l’ai aidé comme je pouvais et je lui ai donné mon numéro de téléphone. Il m’a raconté un peu son histoire, c’était compliqué, je ne le comprenais pas bien mais c’était un moment émouvant. Il m’a dit avoir 35 ans, qu’il était parti depuis le 21 décembre d’un autre bateau, au départ du port de Mersin en Turquie, avant d’embarquer dans le Blue Sky M. Il m’a aussi dit qu’il fuyait la guerre en Syrie et qu’il espérait pouvoir aller en Angleterre. J’ai essayé de rester en contact avec lui, mais il ne me répond plus depuis hier.

Le 1er janvier, je suis retourné à Gallipoli, tous les migrants avaient été transférés dans un centre d’accueil spécialisé, il ne restait que 80 personnes dans une école selon les bénévoles à qui j’ai parlé. Ces deux derniers jours, j’ai vu beaucoup d’habitants amener du lait, de l’eau et des couvertures aux migrants. Tout le monde a fait du bon travail, avec beaucoup d’humanité.

Photo prise sur le compte Twitter du maire de Gallipoli. Des migrants et des hommes de la protection civile jouent au volleyball.

Aujourd’hui, un autre bateau a été pris en charge par les garde-côtes italiens alors qu’il dérivait, à court de carburant, à 37km de la ville de Crotone en Calabre. L’Ezadeen aurait à son bord 450 immigrés clandestins dont des femmes et des enfants.

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