IRAK - LIBYE

Nouvelle intox sur le "jihad du sexe"

Le gouvernement irakien a affirmé mardi avoir retrouvé 150 femmes exécutées pour avoir refusé de se marier avec des jihadistes de l’organisation de l’État islamique. Une information relayée par plusieurs médias arabophones, avec une photo de cadavres recouverts par des bâches… Mais la photo n’a rien à voir avec cette affaire.

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Le gouvernement irakien a affirmé mardi avoir retrouvé 150 femmes exécutées pour avoir refusé de se marier avec des jihadistes de l’organisation de l’État islamique. Une information relayée par plusieurs médias arabophones, avec une photo de cadavres recouverts par des bâches… Mais la photo n’a rien à voir avec cette affaire.

L’annonce a été faite mardi 16 décembre par le ministère des Droits de l’Homme irakien, qui a affirmé avoir trouvé deux charniers près de Fallouja avec au moins 150 femmes exécutées, dont certaines enceintes.

Dès l’annonce, le site saoudien Al-Arabiya reprend l’information en l’illustrant avec une photo de cadavres drapés dans des sacs noirs. La photo est accompagnée d’une légende en arabe "Fosse commune en Irak" sans plus de précision.

Capture d'écran de l'article sur le site de Al Arabiya depuis supprimé, mais toujours disponible ici en cache. La légende indique "Fosse commune en Irak".

De nombreux médias arabophones reprennent l’information en l’illustrant avec la même photo. Pourtant, l’image n’a rien à voir avec cet événement : une recherche sur Google/Images permet de retrouver cette photo initialement publiée en 2013 sur le site Islam Today pour illustrer un article sur un charnier retrouvé à Tawergha en Libye. Celle-ci a même été utilisée à plusieurs reprises pour d’autres articles parlant de cadavres retrouvés près de Bagdad.

Interpellés par des internautes sur l’erreur, la chaîne Al-Arabiya a depuis supprimé l’article avec la fausse photo de son site internet. Cependant, celle-ci est toujours présente sur d’autres sites arabophones.

Depuis l’annonce du massacre par le ministère des Droits de l’Homme irakien, aucune image n’a filtrée, et aucun organisme n’a été en mesure de vérifier indépendamment ce massacre.