Territoires palestiniens - Israël

Des vidéos et des caricatures appellent à "écraser des Israéliens"

Dans un contexte d’extrême tension entre Palestiniens et Israéliens, certains internautes pro-Palestiniens n'hésitent pas à mettre de d’huile sur le feu. Sous couvert de l’humour, plusieurs pages Facebook appellent ouvertement au meurtre d’Israéliens. Et ces pages connaissent un relatif succès.

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Une caricature postée sur la page Facebook "Dahes"

Dans un contexte d’extrême tension entre Palestiniens et Israéliens, certains internautes pro-Palestiniens n'hésitent pas à mettre de d’huile sur le feu. Sous couvert de l’humour, plusieurs pages Facebook appellent ouvertement au meurtre d’Israéliens. Et ces pages connaissent un relatif succès. 

 

Depuis le conflit armé de cet été dans la bande de Gaza, Jérusalem-Est est le théâtre de violences quasi-quotidiennes, mais les troubles ont pris une nouvelle ampleur ces deux dernières semaines. Au cœur de ces tensions, se trouve l'esplanade des Mosquées, nommée Mont du Temple par les juifs, qui abrite le dôme du  Rocher et la mosquée Al Aqsa. Troisième lieu saint de l'islam sunnite, il est aussi le premier du judaïsme.

Une voiture bélier représentée sous la forme du mot "écrase", en arabe. Photo postée sur la page Facebook "Dahes".            

 

La police israélienne a limité fin octobre l’accès à ce lieu après la tentative d'assassinat contre l'influent rabbin Yehuda Glick. Une décision contre laquelle les habitants de Jérusalem-Est se sont mobilisés. Depuis, les violences se sont multipliées. Lundi une Israélienne et un soldat de Tsahal ont été tués à l'arme blanche par des activistes palestiniens. La veille, c’est un Arabe-Israélien qui était abattu par la police israélienne en marge d’une manifestation, tandis que quelques jours plus tôt, un automobiliste palestinien avait foncé sur des passants à Jérusalem, faisant plusieurs morts. 

 

Les attaques menées par des activistes palestiniens, dont certains étaient liés au Hamas, ont été saluées par le mouvement islamiste armé qui les qualifie de "réponse aux crimes commis par l’occupation (israélienne) à Jérusalem et à Al Aqsa."

 

Comme bien souvent cette violence trouve un écho sur les réseaux sociaux. Une page Facebook, nomée "Dahes", "écrase" en arabe, a été créé par un groupe de jeunes palestiniens. Sur un ton qui se veut humoristique, il fait l’apologie des voitures béliers comme moyen de résistance face aux soldats israéliens. Les créateurs de la page ont même créé une chanson pour promouvoir ce type d'agression. Quelques jours après sa création, 40 000 personnes avaient déjà "liké" la page.

 

Juste après le meurtre, lundi à l’arme blanche, d’un soldat israélien à Tel Aviv, une autre page nommée "Poignarde",  a été créée (elle a été supprimée depuis). Le soir même, une autre attaque a eu lieu : une femme de 25 ans a été tuée au couteau et deux autres personnes blessées aux abords de la colonie israélienne d'Alon Shavut, au sud de la Cisjordanie occupée, par un activiste palestinien.

Un dessin, qui met en scène trois Israéliens écrasés par une voiture bélier. Une photo postée sur la page Facebook "Dahes"

 

On trouve, sur les réseaux sociaux, peu de commentaires critiques. Les Palestiniens que nous avons contactés condamnent ces violences, bien qu'ils disent comprendre ce qui peut pousser à faire circuler ces caricatures sur les réseaux sociaux. Pour Tallal Sayad, père de famille de 42 ans qui vit à Jérusalem "ces méthodes sont motivées par la colère et le désarroi".

 

David Belhassen, scénariste israélien vivant à Jérusalem, qualifie quant à lui ces pages d’"abjectes". 

"Il n’y a rien de drôle. Nous assistons à l’exacerbation des haines. Par ailleurs, la folie furieuse qui consiste à écraser des innocents en voiture ne fait que légitimer les positions répressives du gouvernement israélien. Ce n’est donc absolument pas constructif."