TERRITOIRES PALESTINIENS

La capoeira pour oublier la guerre

La danse peut aider les enfants à surmonter les traumatismes de la guerre. C’est le pari des membres du projet Bidna capoeira ("nous voulons de la capoeira"), qui vont faire découvrir leur discipline aux enfants vivant dans des camps de réfugiés.

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Photo postée sur la page facebook du projet "Bidna capoeira".

La danse peut aider les enfants à surmonter les traumatismes de la guerre. C’est le pari des membres du projet Bidna capoeira ("nous voulons de la capoeira"), qui vont faire découvrir leur discipline aux enfants vivant dans des camps de réfugiés. Témoignage…

Bidna capoeira est implanté dans des camps de réfugiés en Jordanie et en Cisjordanie. Il comptait aussi des formateurs en Syrie, notamment à Raqqa avant que la ville ne tombe aux mains des jihadistes de l’Organisation de l’État islamique, en juillet 2013.

Vidéo de présentation réalisée par les membres de "Bidna capoeira".

"Dans la capoeira il n’y a ni gagnant ni perdant"

Abed Abou Gharbiah est un instructeur de capoeira à Ramallah depuis 2011.

Ces enfants vivent dans des endroits où règne l’insécurité. Beaucoup ont un proche ou ami qui s’est fait tirer dessus ou emprisonner. Cet environnement de violence génère des problèmes psychologiques chez ces enfants, comme l’hyperactivité, le stress, l’anxiété. Le but de ces cours de capoeira est de canaliser cette énergie et la transformer en énergie positive afin d’aider ces enfants à s’épanouir.

Abed Abou Gharbiah lors d’un cours de capoeira à Ramallah. Photo postée sur la page Facebook "Capoeira Social".

Nous donnons des cours un peut partout en Cisjordanie, dans les centres de jeunes et les écoles. Mais nous prêtons une attention particulière aux enfants et aux jeunes qui vivent dans les camps de réfugiés, notamment le camp de Jalazone, al-Ammari et Shufat. À Ramallah nous sommes quatre formateurs et nous proposons des cessions de formation toute l’année, à raison d’un cours par semaine d’une heure et demie, dans chaque endroit.

Cours de capoeria au camp de réfugiés de Jalazone, près de Ramallah. Photo postée sur la page Facebook "Capoeira Social".

La singularité de la capoeira réside dans le fait qu’il s’agit d’une activité complète qui allie sport, musique et danse. Les enfants peuvent donc apprendre ce sport basé sur des acrobaties, mais aussi à jouer d'instruments de musique et à chanter.

C’est certes un art martial, mais il n’est pas comme le karaté par exemple, qui génère une énergie négative parce qu’on doit vaincre son adversaire. Dans la capoeira, il n’y a ni gagnant ni perdant, mais pour être bon il faut savoir s’adapter à son partenaire de danse. C’est donc une activité qui favorise le dialogue.

Un atelier de capoeira dans le camp de réfugiés de Azraq en Jordanie. Photo postée sur la page Facebook "Capoeira Social".

À la fin de chaque séance, nous organisons ce qu’on appelle une roda [une ronde] où les enfants peuvent parler et échanger autour de leurs préoccupations, leurs frustrations, espoirs, etc.

Séance de "roda" après un cours de capoeira dans le camp de réfugiés de Azraq en Jordanie. Photo postée sur la page Facebook "Bidna caperira".

Cette expérience est vraiment satisfaisante parce que nous avons constaté au fil du temps qu’avec cette activité, beaucoup d’enfants qui étaient au départ renfermés sont devenus plus sociables, plus détendus et ouverts sur les autres.

Nous sommes en train de travailler pour étendre le projet à la bande de Gaza début 2015, et nous espérons y arriver malgré le blocus israélien.