LIBAN

Le calvaire des employées de maison – DES PROGRÈS

Aimée Razanajay nous avait montré ce qu’endurent les domestiques étrangers au Liban, véritables esclaves des temps modernes : harcèlement par leurs patrons, séquestration ou impossibilité d’accéder à certains lieux, comme les piscines privées. Depuis le reportage, notre Observatrice note une certaine amélioration.

Publicité

Nous avons lancé l’an dernier une émission, la Ligne directe des Observateurs, pour donner la possibilité aux téléspectateurs de France 24 de nous alerter sur une injustice dont ils sont victimes, eux ou certains membres de leur communauté. Nos journalistes se sont rendus dans 13 pays pour y enquêter, avec nos Observateurs, sur des problèmes très variés : esclavagisme moderne au Liban, désastre écologique en Guinée, conditions de travail au Cambodge, etc. Nous avons ensuite tenté de faire réagir les autorités locales sur les conclusions de notre enquête et sur les requêtes exprimées par nos Observateurs. Un an plus tard, nous avons demandé à nos Observateurs ce qui avait changé - ou non - après notre passage chez eux.

DES PROGRÈS - "Certaines piscines ont affiché des pancartes disant : ‘Ici, nous laissons entrer les travailleurs étrangers’"

 

Aimée Razanajay nous avait montré ce qu’endurent les domestiques étrangers au Liban, véritables esclaves des temps modernes : harcèlement par leurs patrons, séquestration ou impossibilité d’accéder à certains lieux, comme les piscines privées. Depuis le reportage, notre Observatrice note une certaine amélioration.

 

Grâce à plusieurs ONG et à la Fédération nationale des syndicats et des ouvriers au Liban(Fenasol) qui ont vu le reportage, de très nombreuses conférences et réunions ont été organisées avec les autorités locales. Petit à petit, les domestiques étrangers qui travaillent au Liban commencent à obtenir des droits de base : par exemple, auparavant, il était impossible pour un domestique qui avait voyagé dans son pays d’origine et qui revenait au Liban, de sortir de l’aéroport sans que son patron ne vienne le chercher. Cette situation avilissante a été pointée du doigt par les syndicats, et aujourd’hui une note de la sécurité nationale a demandé aux aéroports du pays de cesser ces pratiques. Pour ma part, j’ai participé quelques mois après le reportage à une conférence en Italie sur le travail des domestiques en tant que représentante des travailleurs étrangers du Liban.

 

Après le reportage, j’ai été amusée de voir que beaucoup de piscines ont affiché des pancartes où il était écrit : "Ici, nous laissons rentrer les travailleurs étrangers".

Cependant, il est toujours impossible pour un domestique de rentrer dans certaines piscines. Et nous recevons toujours des témoignages faisant état de cas de maltraitance, de salaires impayés ou de passeports confisqués. Mon objectif actuellement est de faire pression pour la constitution d’un syndicat de domestiques qui serait intégré à la Fenasol.

 

Reportage visible ici