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La star du R'n'B, Akon, peut-il ramener la paix à Goma ?

Akon, dans une bulle en plastique, porté par les habitants de Goma.
Akon, dans une bulle en plastique, porté par les habitants de Goma.

C’est le plus gros concert organisé à Goma en 2014. Dimanche 21 septembre, le Peace one day festival, un événement célébrant la paix et organisé une fois par an, avait lieu dimanche 21 septembre, dans la capitale du Nord-Kivu. Capitale marquée ces dernières années par des affrontements entre groupes rebelles et l’armée congolaise.

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Le chanteur Akon était la tête d'affiche du Peace One Day Festival, un concert sur la paix organisé une fois par an

C’est le plus gros concert organisé à Goma en 2014. Dimanche 21 septembre, le Peace One Day Festival, un événement célébrant la paix et organisé une fois par an, avait lieu dimanche 21 septembre, dans la capitale du Nord-Kivu. Capitale marquée ces dernières années par des affrontements entre groupes rebelles et l’armée congolaise.

"Ça fait du bien de voir un 'autre Goma'"

Beaucoup de nos Observateurs se sont rendus au concert, qui avait lieu sur le tarmac de l'aéroport de Goma. Jean-Pierre Kayembe, qui s’est déplacé de Kinshasa jusqu’à Goma pour l’occasion, a passé un "grand moment" :

 

Cet événement a montré un autre Goma, celui qu’on voit trop peu dans les médias : un Goma qui chante, qui danse, et qui montre que les problèmes d’insécurité de ces dernières années sont derrière nous. Ce concert n’a pas réglé tous les problèmes à Goma : j’ai rencontré beaucoup de réfugiés dans les camps qui attendent toujours de pouvoir rentrer. Mais pour eux, voir un concert de stars internationales dont notamment Akon [le chanteur américano-sénégalais était la tête d’affiche du festival, NDLR], c’était fantastique. L’organisation était parfaite : gérer un si gros festival, avec au moins 60 000 personnes, c’est du jamais vu à Goma !

Entre 40 000 et 60 000 personnes étaient présentes pour le festival. Photo Jean-Pierre Kayembe.

"Les messages étaient en anglais dans une ville francophone"

Si les fans se sont dits globalement ravis, certains de nos Observateurs comme Charly Kasereka s’interrogent sur la portée du message transmis :

 

Akon a chanté et parlé uniquement en anglais. Les Gomatriciens parlent pour la plupart le français et le swahili, mais ceux qui comprennent la langue de Shakespeare sont rares. Il y a eu énormément de messages pacifiques qui n’ont pas été traduits. Au final, on s’est bien amusé, mais je ne sais pas bien quel message de paix Goma aura retenu.

La scène du festival a été dressée dans l'aéroport de Goma. Photo Alain Wandimoyi.

"Un festival sur la paix au Nord-Kivu sans le Rwanda, c'est dommage"

Si aucun incident n’a été répertorié durant le festival, trois membres du mouvement citoyen apolitique Lucha, qui manifestaient en marge du festival, ont été arrêtés puis relâchés à l’issue du concert. Luc Nkulula est un membre de cette association :

 

C’est assez paradoxal d’organiser un concert pour la paix et d’arrêter des gens qui manifestent pacifiquement pour attirer l’attention sur les problèmes que connaît Goma comme l’accès à l’eau [l’association a lancé le hashtag #Gomaveutdeleau il y a quelques semaines, NDLR]. Par ailleurs, c'est dommage d'organiser un grand festival sur la question de la paix sans associer aucun artiste ou représentant du Rwanda [par le passé, les Nations unies ont reproché au Rwanda son implication dans le financement des groupes rebelles qui ont créé l’instabilité au Nord-Kivu.  [Des allégations qui ont toujours été rejetées par le Rwanda, NDLR].

Beaucoup de blogueurs originaires de la région se sont par ailleurs interrogés sur les réseaux sociaux, comme Gaïus Kowene qui dénonce un "business de la paix" inefficace sur le terrain . Du côté des organisateurs, on se félicite des actions menées en marge comme la marche pacifique  et l'appel aux jeunes à se désengager des groupes armées.

 

Vue du ciel sur le Peace one day festival photographiée par Martin Kobler sur Twitter, représentant de la Monusco au Nord-Kivu.

Ce billet a été rédigé en collaboration avcec Alexandre Capron (@alexcapron), journaliste aux Observateurs de FRANCE 24.