ROYAUME-UNI

Une frontière avant l’heure entre Angleterre et Écosse

Les Écossais sont appelés, jeudi, à se prononcer par référendum sur leur indépendance du Royaume-Uni, mais certains ont pris de l’avance sur le résultat du scrutin. Un photographe anglais a installé, lundi, un faux poste-frontière à proximité de la ligne de séparation entre l’Écosse et l’Angleterre. Une touche d’humour pour désenflammer le débat,

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Un Ecossais en kilt traverse le faux poste de frontière établi par le photographe Jon Parker Lee. Crédit : Manchester photo.

Les Écossais sont appelés, jeudi 18 septembre, à se prononcer par référendum sur leur indépendance, mais certains ont pris de l’avance sur le résultat du scrutin. Un photographe anglais a installé, lundi 15 septembre, un faux poste-frontière à proximité de la ligne de séparation entre l’Écosse et l’Angleterre. Une touche d’humour pour désenflammer le débat, explique-t-il.

Avec un ami écossais, le photographe Jon Parker Lee a mis en place un faux check-point, fait de bric et de broc. Sur les images, postées sur le compte Twitter du photographe, on peut voir les deux compères déguisés en douaniers, régulant le passage des véhicules avec des barrières. Un panneau indique que le poste-frontière ouvrira le 19 septembre, soit le lendemain du référendum, qui pourrait voir l’Écosse quitter le Royaume-Uni.

Il s’agit juste d’être "unis [entre Anglais et Écossais] en se marrant un coup" assure le photographe, dont la farce vise à dépassionner le débat, de plus en plus tendu à la veille du vote. Elle fait également écho à la récente passe d’arme entre le Premier ministre écossais partisan de l'indépendance, Alex Salmond, et leader travailliste britannique unioniste Ed Milliband. Celui-ci avait estimé qu’en cas de victoire du "oui" au référendum, des postes de frontières pourraient être établis entre les deux pays, alors que Salmond avait évoqué une union douanière.

"Toutes les personnes que nous avons arrêtées ont pris ce faux poste-frontière à la rigolade"

Jon Parker Lee est photographe, et travaille comme artiste ou pour la presse. Il est Anglais et vit à Manchester.

J’ai eu cette idée avec un ami écossais il y a une quinzaine de jours. Avec l’approche de la date du référendum, nous trouvions que les débats s’enflammaient et devenaient tendus entre partisans et opposants de l’indépendance. Du coup, nous avons réfléchi à un moyen de dédramatiser le débat et avons entrepris de construire ce faux poste de douane.

Nous avons tout bricolé nous-mêmes. Pour faire les panneaux et les fausses barrières, nous avons utilisé un mélange de morceaux de plastique, de planches en contreplaqué et de tuyaux de canalisation. Les uniformes sont également faux, nous avons pris des vestes fluo comme celle des douaniers et des policiers, et y avons floqué la mention "Police écossaise des frontières". Nous avons fait pas mal de repérage pour trouver le lieu où nous installer, nous voulions un endroit sécurisé où on ne mettrait pas en danger les automobilistes que nous ferions arrêter. Nous avons opté pour une aire en contrebas de l’autoroute A 68, à proximité du Carter Bar, qui se trouve au niveau de la séparation entre l'Angleterre et l'Écosse.

Nous étions curieux de voir comment les gens réagiraient, et finalement, toutes les personnes que nous avons arrêtées ont pris ça à la rigolade, qu’ils soient ou non pour l’indépendance de l’Écosse ! Ça tombe bien : même si c’est très cliché de dire ça, j’ai aussi fait ça pour rappeler que s’il y a bien une chose qui unit les Anglais et les Écossais, c’est leur sens de l’humour très réputé.

Pour autant, je ne prends pas position dans le débat, de toute façon je ne peux pas voter puisque je suis Anglais. Mais ma femme est écossaise, et je vis près de l'Écosse, donc je m’y intéresse forcément. J’ai tendance à penser que le "non" l’emportera, c’est ce que disent les sondages et je pense qu’une majorité de gens préfèrera ne pas s’aventurer dans l’inconnu.

Initié par le gouvernement écossais, le référendum sur l’indépendance se tiendra le 18 septembre. Alors que début juillet, le "oui" accusait encore près de 20 points de retard sur le "non" dans les sondages, l’écart s’est sensiblement resserré à l’approche du scrutin, jusqu’à ce que, la semaine dernière, une enquête donne le "oui" vainqueur avec 51 %. Ce qui a valu aux Écossais d’assister à une offensive de charme de la part des responsables politiques britanniques, le Premier ministre David Cameron en tête. Les derniers sondages donnent à nouveau le "non" vainqueur, avec des scores allant de 51à 54 % des voix.