“Le voyage ne vous coûtera pas cher, car vous n’aurez pas besoin de billet retour !" : c’est avec une étonnante ironie que le département d’État américain a choisi de frapper les esprits des candidats au jihad en Syrie et en Irak. Un montage d’images choc qui emprunte ouvertement les codes utilisés par la très efficace propagande Internet de l’organisation de l’État islamique (EI).
 
La plupart des images diffusées dans cette vidéo sont celles de l’organisation jihadiste. Des combattants crucifiés, des mosquées détruites à l’explosif, des attentats-suicides, le département d’État américain a sélectionné des moments d’ultra-violence et les a montés, tout comme le font les militants de l’EI, de façon saccadé sur une musique dramatique.
 
ATTENTION : cette vidéo contient des séquences choquantes.


Les images sont accompagnées du commentaire suivant :
 
"Ne marchez pas, courez vers la terre de l’EI. Venez car la Syrie n’est plus aux Syriens et l’Irak n’est plus aux Irakiens. Ici vous pouvez développer de nouvelles compétences pour l’Ummah [la communauté des croyants musulmans]. Exploser des mosquées ! Crucifier et exécuter des musulmans. Piller les ressources publiques. Faire un attentat-suicide dans une mosquée. Le voyage ne vous coûtera pas cher, car vous n’aurez pas besoin de billet retour !"

La vidéo fait partie de la campagne "Think Again, Turn Away" (" Réfléchissez, faites demi-tour "), un programme lancé il y a un an et demi par le département d’État et qui cible les anglophones réceptifs aux discours d’appel au jihad.
 
La présence de groupes jihadistes, et a fortiori de l’organisation de l’État islamique, sur les réseaux sociaux a maintes fois été évoquée. Et c’est sur ce même terrain que les États-Unis tentent de riposter. Via leur page Twitter, Facebook et leur compte YouTube, des employés du département d’État tentent de discréditer la communication du groupe jihadiste, parfois en s’adressant directement aux potentiels combattants. 
 
Certains commentateurs se sont toutefois interrogés sur cette stratégie, jugeant peu judicieux d’essayer de décourager des jihadistes en devenir en leur montrant des images sanglantes, la  violence étant souvent ce qui les motive en premier lieu, avant l’idéologie.