LIBAN

La photo d’un drapeau de l'EI sème la zizanie au Liban

Publicité

Sur cette image, deux hommes s’apprêtent à brûler le drapeau de l’organisation extrémiste sunnite de l’État islamique. Prise à Beyrouth lors d’une manifestation contre les groupes jihadistes, la photo a déclenché une surenchère de provocations interconfessionnelles ces derniers jours au Liban.

L’image circule depuis samedi sur les réseaux sociaux. Elle a pourtant été prise le 5 août dernier dans le quartier chrétien d’Achrafieh, à l’est de Beyrouth, lors d’un sit-in organisé par le Courant patriotique libre (CPL), formation à majorité chrétienne dirigée par Michel Aoun et alliée du Hezbollah.

Le ministre de la Justice libanais, Achraf Rifi, a aussitôt réagi après sa diffusion, en demandant aux autorités judiciaires d’engager des poursuites contre les auteurs. Pour lui, il s’agit d’une atteinte à la profession de foi de l’islam : "Il n'y a d'autre dieu que Dieu, et Mahomet est son prophète". Inscrit sur un drapeau à fond noir, ce texte a été récupéré par l’organisation de l’État islamique, qui en a fait son étendard.

Plusieurs députés du CPL sont montés au créneau pour défendre les jeunes qui apparaissent sur cette photo. L'avocat et député Ibrahim Kanaan, membre du CPL, a quant à lui annoncé qu’il se chargeait de les défendre.

Le cliché a également provoqué des remous à Tripoli, ville libanaise à majorité sunnite, où des individus auraient mis le feu samedi à deux croix chrétiennes, selon la presse locale. Si une photo de croix brûlées avec en arrière-plan l’étendard de l’organisation jihadiste circule sur les réseaux sociaux depuis dimanche, il est impossible de savoir où elle a été prise exactement. Des inconnus ont en outre écrit sur les murs de deux églises à Tripoli "l'État islamique arrive ". L'armée est rapidement intervenue pour effacer les inscriptions.