ISRAEL - TERRITOIRES PALESTINIENS

Scène de violence extrême par la police israélienne à Jérusalem-Est

Menotté, quasiment inconscient, ce manifestant est tabassé dans une ruelle par deux policiers israéliens. La scène, filmée sous deux angles différents par des habitants retranchés à leur domicile, a eu lieu hier à la tombée de la nuit à Shuafat, quartier de Jérusalem-est sous haute tension depuis le meurtre d’un adolescent palestinien.

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ACTUALISATION - 07/07/2014 :  Le jeune homme filmé sur ces images a été identifié comme Tariq Khdeir, un cousin du jeune Mohammed retrouvé mort mercredi 2 juillet.  Américain d'origine palestinienne, il rendait visite à sa famille à Shuafat quand les tensions ont éclaté. L’adolescent de 15 ans a été assigné à résidence pour neuf jours, le temps de l’enquête sur les jets de pierre dont il est accusé. Sa famille affirme quand à elle que les policiers l'ont tabassé lors de son arrestation et les États-Unis réclament une enquête. Dans une interview donnée à FRANCE 24, le jeune homme, au visage encore tuméfié, a affirmé ne pas vouloir répondre à la violence par la violence.

 

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Menotté, quasiment inconscient, ce manifestant est tabassé dans une ruelle par deux policiers israéliens. La scène, filmée sous deux angles différents par des habitants retranchés dans leur domicile, a eu lieu hier à la tombée de la nuit à Shuafat, quartier de Jérusalem-est sous haute tension depuis le meurtre d’un adolescent palestinien.

Vidéo diffusée par Palestine Today.

Sur une première vidéo amateur diffusée par la chaine Palestine Today, on distingue le manifestant, au sol et menotté, entouré de deux éléments des forces spéciales de la police israélienne.  L’un après l’autre, les policiers lui assènent coups de poings et de pieds alors que l’homme ne semble plus opposer de résistance. Il est ensuite trainé sur le sol jusqu’au bord d’une route où les agents rejoignent d’autres éléments en civils.  

Video postée sur cette page Facebook.

Sur cette autre vidéo, la même scène est filmée d’en haut. L’habitant filme d’abord au loin un homme agenouillé au sol et visiblement tenu en joug par un membre des forces de l’ordre. Puis, comprenant qu’il se passe quelque chose sous sa fenêtre, il braque sa caméra vers les deux policiers jusqu’à ce qu’ils emmènent le jeune homme. Sur cette deuxième vidéo, on voit qu’il a le visage recouvert d’un foulard comme le font souvent les manifestants palestiniens pour ne pas être identifiés.  

Le quartier résidentiel de Shuafat est le théâtre de violents affrontements entre Palestiniens et policiers israéliens depuis mercredi, jour où Mohammed Aboud Kheider, un jeune du quartier, a été retrouvé  mort. Les habitants sont persuadés que le jeune homme a été tué en représailles à l’assassinat de trois Israéliens le 12 juin dans le sud de la Cisjordanie.

 

Selon un bilan fourni par le Croissant-Rouge palestinien, 232 personnes ont été blessées dans ces violences, dont six par des tirs à balles réelles.  

"Il me semble que l'intervention des forces spéciales tient davantage de la vengeance que du maintien de l’ordre"

Yassin Shaheed est le cousin du jeune Palestinien retrouvé mort mercredi. Tarek Salah Abou Khudair, l’adolescent qui a été identifié sur ces images par plusieurs médias, fait lui aussi partie de sa famille.

Jeudi a été une journée très tendue ici à Shuafat. Comme souvent, les policiers israéliens étaient appuyés par des agents en civil qui s’infiltrent dans les manifestations en se faisant passer pour des Palestiniens. Plusieurs d’entre eux ont réussi à se rapprocher des manifestants palestiniens en avançant au volant d’une voiture banalisée. Et de là, ils ont procédé à des arrestations tout en étant couverts par les autres policiers.

 

Certains manifestants ont tenté de s’enfuir. Parmi eux, il y avait le jeune [Tarek] qui apparait sur la vidéo. Il a pris une rue qui longe la route principale où les affrontements avaient lieu. Là, dans un immeuble en construction, des éléments des forces spéciales israéliennes étaient en embuscade. Elles l’ont intercepté, puis violemment frappé, comme on le voit sur les images.

Nous sommes habitués à ces interventions. En général, la police frappe les manifestants aux jambes, l’idée étant de les immobiliser pour les arrêter. Mais hier, ils ont frappé pour frapper. À Shuafat, six personnes ont été emmenées par la police, dont plusieurs ont des fractures [certains sont des mineurs]. On compte aussi plusieurs jambes et bras cassés chez les autres manifestants.

 

Il me semble que l'intervention des forces spéciales tient davantage de la vengeance, après le meurtre de trois Israéliens près d'Hébron, que du maintien de l’ordre. 

 

Tarek et trois autres membres de notre famille sont actuellement détenus. La nouvelle de l’enlèvement et de l’assassinat cruel de Mohammed a déclenché une vraie spirale de violences. Les jeunes ne s’arrêtent même pas en soirée pour la rupture du jeune.

 

Contacté par FRANCE 24 Micky Rosenfeld, le porte-parole de la police israélienne, a expliqué que cette personne avait été arrêtée, avec cinq autres, après avoir participé activement aux affrontements et lancé "des pierres et des cocktails Molotov". Interrogé sur la violence de l’arrestation, il explique que la famille a la possibilité de déposer une plainte auprès de la machash, l’unité chargée des enquêtes internes à la police.