IRAN

Les internautes iraniens sont loin d'être "Happy"

 De nombreux internautes iraniens ne pardonnent  pas à leur régime d'avoir emprisonné les quelques jeunes qui avaient réalisé à Téhéran un clip sur le hit planétaire de Pharell Williams,"Happy". Depuis plusieurs jours, de nombreuses vidéos sont postées où des Iraniens prennent le contrepied de la fameuse chanson, et accusent Téhéran d’entraver le droit de ses citoyens d'être heureux,  "happy" en anglais.

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Un internatue iranien se filme avec une pancarte critiquant le régime, en écoutant le chanson "Happy" de Pharell Williams. 

 

De nombreux internautes iraniens ne pardonnent pas à leur régime d'avoir emprisonné, deux jours durant, les quelques jeunes qui avaient réalisé, à Téhéran, un clip sur le hit planétaire de Pharell Williams "Happy". D’autant plus que, si les acteurs ont été relâchés (après avoir été contraints de renier leur performance), le réalisateur du clip est toujours derrière les barreaux. Du coup, ces vidéos prennent le contrepied de la fameuse chanson, et accusent Téhéran d’entraver le droit de ses citoyens d'être heureux, "happy" en anglais.

 

Certains privilégient l’humour noir, comme dans les trois vidéos suivantes. Par exemple ici, un homme pleure en écoutant la chanson "Happy". 

 

Cette deuxième vidéo est un pied de nez au régime iranien, qui avait notamment emprisonné les acteurs de la vidéo "Happy" parce que les femmes n’y portaient pas de voile. Ici, une mère et sa fille apparaissaient également la tête

découverte, mais dansent dos à la caméra.

 

 

Dans cette vidéo, un homme écoute la chanson au volant, puis quitte son véhicule en faisant mine de réaliser qu’il a commis un grave délit. Il s’enfuit en courant et en demandant aux autorités de ne pas le punir !

 

 

D’autres vidéos jouent également sur le contraste entre le caractère joyeux de la chanson et la réaction des autorités iraniennes, mais incluent aussi l’islam dans leurs critiques. Ci-dessous, la chanson de Pharell Williams est illustrée par les images des commémorations annuelles du Muharram, en souvenir de la mort de l’imam Hossein en 680, petit-fils de Mahomet, un évènement fondateur du chiisme et durant lequel les croyants organisent des cérémonies où ils doivent manifester leur tristesse.

 

 

 

 

Enfin, certaines vidéos critiquent plus frontalement le régime iranien et l’islam, comme celle-ci, qui n’hésite pas à associer à "Happy" avec des images de pendaison ou de répression policière en Iran :

 

 

 

Dans cette vidéo, un Iranien laisse défiler la chanson en arborant une pancarte sur laquelle est écrit : "cette vidéo est une manifestation contre la police et la télévision iranienne".

 

  

L’inquiétude grandit en tout cas quant au sort du réalisateur de la vidéo qui a déclenché la polémique. À l’inverse des acteurs, Saman Soleymani est toujours en prison et a même été transféré à Rajaei Shahr, à 50 km de Téhéran, lieu de détention réputé pour être l'un des plus durs du pays. Il y a peu, il a été révélé que Saman Soleymani était un proche du président iranien Hassan Rohani. Il a participé à sa campagne et est notamment à l’origine du choix de la couleur violette comme symbole du candidat, élu l’été dernier à la présidence de la République islamique d’Iran. Une photo le montre notamment en compagnie du président, lors de la campagne.

 

 

 Photo montrant Hassan Rohani (deuxième en partant de la droite) et Saman Soleymani (deuxième en partant de la gauche).