Un guépard asiatique dans la nature.
 
L’enjeu est de taille. Kushki, un guépard asiatique, doit bientôt s’accoupler avec Delbar, unique génitrice possible en Iran. C’est pourquoi les Iraniens y ont mis les formes. C’est en vélo qu’ils sont allés déposer une "demande en mariage" à cette femelle, qui vit à l’autre bout du pays. L’occasion de sensibiliser la population sur cette espèce en voie de disparition.
 
Selon les écologistes, il est capital que Kushki puisse se reproduire rapidement.Cette sous-espèce de guépards, reconnaissable à sa crête, autrefois foisonnante dans de nombreux pays d’Asie, n’existe aujourd'hui plus qu’en Iran, où elle est en voie de disparition. Les guépards asiatiques sont concentrés sur le plateau central du pays où seulement une cinquantaine d’entre eux y ont été repérés ces dernières années. Les jeunes Kushki et Delbar, élevés en captivité depuis leur naissance, constituent l’unique chance de donner naissance à de nouveaux guépards en captivité.
 
Le Projet de conservation des guépards asiatiques (CACP), une initiative lancée conjointement entre le ministère de l’Environnement iranien et le programme de développement de l’ONU (PNUD), prévoit de les réunir à l’automne. Les deux guépards doivent se rencontrer dans un centre dédié, réservé pour l’occasion, à Téhéran. Mais les guépards asiatiques ne se reproduisent pas facilement.  Selon Homan Jokar, le directeur de CACP, il n’y a que 30 % de chances que les animaux s’accouplent.
 
En attendant, le CACP profite de l’occasion pour informer le public en communiquant sur cette “histoire d’amour”. Ils ont sponsorisé quatre volontaires pour parcourir les 400 kilomètres qui séparent les deux guépards, Kushki demeurant au Miandasht Wildlife Refuge et Delbar dans leParc National de Turan
 
Les cyclistes sur un lieu de passage de guépards.

"Nous leur souhaitons une vie longue et heureuse pour continuer de symboliser la belle nature iranienne"

Mohamed Gaeini est ingénieur informatique, il faisait partie des cyclistes.
 
Il y a cinq ans, un chasseur nommé Kushki a capturé un petit guépard qu’il a donné au Miandasht Wildlife Refuge. Ils lui ont donc donné son nom. Puis il y a deux ans, une jeune femelle guépard abandonnée a été trouvée et amenée au parc national de Turan. Depuis, tout le monde songe à leur  union. Maintenant qu’ils sont en âge de se rencontrer, nous sommes devenus les messagers de cette joyeuse occasion.
 
J’ai parlé à de nombreuses personnes sur la route, et ai essayé de les sensibiliser à la protection des guépards. J’ai eu droit à d’étonnantes réactions, comme celle d’un jeune berger pour qui les guépards ne sont pas comparables aux loups - ils s’emparent parfois d’un mouton mais ne vont pas s’attaquer à un trop grand nombre d’entre eux - c’est pourquoi il est bien décidé à les laisser tranquilles.
 
Les activistes distribuent des tracts sur la route.
 
C’était amusant de voir que ceux qui habitent près de la “mariée” étaient déjà au courant de ses projets de fiançailles. J’ai même vu une petite fille s’approcher de l’enclos de Derbar et lui crier “Mademoiselle Delbar ! Mademoiselle la mariée !”
 
J’espère voir naître leurs petits sous peu.  Nous leur souhaitons de vivre une vie longue et heureuse pour continuer de symboliser la belle nature iranienne.
 
Sur leur chemin, les cyclistes ont distribué des cadeaux à l’effigie des guépards ainsi que des brochures d’information. Ils ont également assisté à un match de futsal à Bafq, dans la province de Yazd, où les ont rejoints des célébrités ralliées à leur cause. Pour attirer l’attention sur leur condition, l’équipe de football nationale prévoit d’imprimer des guépards asiatiques sur les maillots qu’elle portera  pendant la coupe du monde au Brésil.  
 
Les cyclistes ont communiqué sur la situation incertaine des guépards pendant leur voyage.
 
Un guépard à l'état sauvage.

Article écrit avec la collaboration d'Omid Habibinia