Capture d'écran de la vidéo ci-dessous filmée par notre Observateur Teddy Mazina.
 
Un laveur de voiture a été roué de coups par quatre policiers, mardi, en plein centre-ville de Bujumbura, la capitale du Burundi. D’après notre Observateur, le jeune aurait été tabassé parce qu’il refusait de verser un pot-de-vin aux policiers.
 
L’altercation a lieu mardi 29 avril aux alentours de 10 heures dans le quartier de Rohero, dans le sud de la capitale burundaise. Teddy Mazina, photojournaliste indépendant à Bujumbura, était présent à ce moment là dans le quartier.
 
Extrait de la vidéo publiée sur TV-Renaissance au Burundi.

"Même si je filmais, les policiers n'en avaient rien à faire"

 
J’ai entendu des cris, et j’ai vu un jeune garçon, torse nu, qui discutait vivement avec quatre policiers. Le ton est monté très vite. D’un coup, un policier lui a collé une énorme gifle. L’homme s’est défendu, mais a rapidement été trainé par terre par les policiers, qui voulaient l’emmener au poste. Comme il opposait une résistance, il a été frappé avec le talkie-walkie d’un des policiers. C’était très violent, le jeune homme criait : "Vous me tapez parce que je n’ai pas voulu vous donner de l’argent, moi je suis un simple laveur de vitres, laissez moi !"
 
Le jeune homme a eu plusieurs entailles au niveau du visage, il saignait abondamment. Autour de lui, personne n’osait intervenir directement, mais certains ont commencé à crier : "Vous n’avez pas honte, laissez le tranquille !". Au bout de 20 minutes, les policiers ont laissé le laveur de vitres par terre et sont partis. Il saignait abondamment. Quelques minutes plus tard, le chef de la police du quartier est arrivé, a dispersé la foule, et a emmené le blessé à l’hôpital.
 
Ce sont des scènes malheureusement fréquentes à Bujumbura. Les taximen, les chauffeurs de bus et les vendeurs de rue sont régulièrement rackettés par les policiers, sous différents prétextes. Hier, les agents expliquaient que la mairie venait de décider d’interdire les laveurs de voiture [aucune réglementation n’a été adoptée par la municipalité] et qu’il lui fallait payer 2 000 francs burundais [environ 1 euro] pour continuer à travailler. 2 000 francs burundais, c’est ce qu’il gagne dans la journée !
 
Même si je filmais, les policiers n’en avaient rien à faire, ils s’estiment tout permis. Quelques heures auparavant, d’autres policiers de la même brigade avaient arrêté des taximotos qu’on était en train d’interviewer sur leurs problèmes [en mars, le gouvernement burundais a décidé d’interdire aux taximotos l’accès au centre ville de Bujumbura]. Ils ne leur ont donné aucun motif et les ont embarqué.
 
La responsable de la police de Rohero, Marie-Suzanne Ndayisaba, contactée par FRANCE 24, confirme avoir été informée de cet événement. Nous lui avons fait parvenir des questions et publierons ses réponses si celles-ci nous parviennent. Le porte-parole de la police nationale Hermenegilde Harimenshi, n’était pour sa part pas joignable mercredi après midi.