MAURITANIE

Une rumeur sur la destruction de Corans enflamme Nouakchott

 Plusieurs quartiers de Nouackchott sont le théâtre d'émeutes depuis qu’une rumeur, partie d’une mosquée de la capitale mauritanienne dimanche soir, a rapporté qu’un groupe de jeunes avait brûlé des Corans.

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Dans le centre de Nouakchott ce matin.

 

Plusieurs quartiers de Nouakchott sont le théâtre d'émeutes depuis qu’une rumeur, partie d’une mosquée de la capitale mauritanienne dimanche 2 mars, a rapporté qu’un groupe de jeunes avait brûlé des Corans. 

 

Lors des différentes rassemblements, qui ont commencé dimanche dans la soirée, les manifestants ont expliqué qu’un groupe de quatre personnes non identifiées est entré dans la mosquée de Teyarett, quartier du nord de la ville, pour en retirer quatre exemplaires du livre saint et les dégrader. D’après l’imam de la mosquée, interrogé par l'AFP et qui lui-même cite des témoins, les exemplaires du Coran ont été déchirés puis jetés dans les toilettes et les profanateurs ont pris la fuite. Aucune image ou autre témoignage de cet incident n'a été rapporté.

 

Pour disperser les manifestants en colère qui affluaient vers le centre ville ce matin, les forces de l'ordre mauritaniennes ont fait usage de bombes lacrymogènes. Un jeune homme a été tué lors des manifestations dans des circonstances encore inconnues et plusieurs personnes ont été  blessées.

 

Dans le centre de Nouackchott ce matin.

 

Adel, étudiant, nous a envoyé ces images prises par un de ses amis ce matin dans le centre ville. Il s’étonne que 24 heures après les faits, aucune information n’ait été divulguée sur les auteurs de ces profanations.

 

Avec mes amis, on se pose des questions. On voit ces gens dans la rue qui sont en colère mais jusqu’à présent nous n’avons aucune preuve de ce qu’il s’est passé. C’est toujours inquiétant de voir des réactions si vives.

 

Ici, les islamistes sont actifs et beaucoup de gens, comme moi, ont peur qu’ils manipulent les informations pour profiter de la pagaille.

 

La charia, ou loi islamique, est actuellement en vigueur en Mauritanie. Pour autant, les peines de mort et de flagellations n’y sont plus appliquées depuis les années 1980.

 

À proximité de la mosquée centrale de Nouackchott. Photo prise ce matin et postée sur Twitter par Artur Aminov, un habitant.