BÉNIN

Une famille victime de la justice populaire au Bénin

 Un de nos Observateurs au Bénin nous fait parvenir les images d’une tuerie commise il y deux semaines. Au moins cinq personnes, membres de la minorité peule, ont été exécutées en représailles après une bagarre qui avait mal tourné. Lire la suite…

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Un de nos Observateurs au Bénin nous fait parvenir les images d’une tuerie commise il y deux semaines. Au moins cinq personnes, membres de la minorité peule, ont été exécutées en représailles après une bagarre qui avait mal tourné.

 

Au Bénin, les populations peules sont minoritaires et occupent essentiellement le nord du pays. Bergers de tradition, ils sont régulièrement la cible des agriculteurs qui accusent leurs troupeaux de causer d’importants dégâts dans leurs plantations, notamment pendant la transhumance.

Attention, image choquante 

 

Photo d'un des cadavres retrouvés dans le village de Koï, village situé au nord du Bénin.

"Effrayée, une partie de ma famille a décidé de quitter la région"

Sidi Beliki est étudiant peul en 3e année de géographie de l’université d’Abomey-Calavi à Cotonou, la capitale. Il est originaire de Kandi et a décidé d’y revenir quelques jours pour mener, en compagnie d’autres étudiants, sa propre enquête sur les circonstances de ces meurtres.

 

D’après les différents témoignages que nous sommes allés recueillir sur place et dans les environs, neuf corps ont pour l’instant, été retrouvés [cinq selon les autorités]. Nous avons réussi à nous procurer des photos qui montrent certains cadavres. Tous étaient issus de la communauté peule [une information confirmée par une source au gouvernement interrogée par FRANCE 24] et vivaient dans le village de Koï.

 

D’après des témoins, tout a commencé parce qu’un Peul a été accusé d’avoir volé des villageois. C’est en représailles que lui et sa famille ont été tués [c’est également l’explication donnée par notre source au gouvernement]. Un cas de justice populaire. Ces trois dernières années, les tensions entre éleveurs peuls et paysans locaux ont souvent dégénéré et fait des morts.

 

Aujourd’hui, les coupables courent toujours. Résultat, ma famille est effrayée, à tel point que certains membres ont décidé de quitter la région de Kandi et pris la direction de Natitingou [ville du nord-ouest], une partie du pays nettement plus sûre.

 

Contacté par FRANCE 24, le capitaine de la gendarmerie de Kandi, la commune auquel est rattaché le village de Koï, a indiqué qu’il ne s’agissait "en aucun cas d’un massacre. C’est un cas isolé et une enquête est en cours. A l’origine, il s’agit d’une bagarre au cours de laquelle une personne est morte. La famille de la victime a alors décidé de se venger en allant exécuter le meurtrier et certains de ses proches. Cinq personnes ont péri dans cette attaque". Le capitaine, qui a eu accès aux photos, n’a pas souhaité préciser si les victimes étaient peules.