Capture d'écran de la vidéo ci-dessous. 
 
Casques vissés sur la tête, visages masqués, gilets tactiques, ces hommes équipés des pieds à la tête en tenues de combats ont soulevé de nombreuses interrogations chez les internautes ukrainiens. Car, à leur grand étonnement, la plupart d’entre eux ne portent aucun insigne.
 
La vidéo a été filmée samedi soir à Nikolaev, ville du sud de l’Ukraine, par un journaliste de la télévision locale Nikvesti alors que la ville était secouée par des affrontements entre forces de police et membres de l’opposition.
Sur les images, des activistes et des journalistes demandent à plusieurs reprises à un groupe d’hommes en uniforme qui ils sont et pourquoi ils ne portent pas d’insigne. Pour unique réponse, l’un d’entre eux explique qu’ils ont été appelés pour "patrouiller afin de rétablir l’ordre" et sont "venus pour protéger le monument dédié aux héros de l’Union soviétique". Puis, ils quittent les lieux. Sur le dos de l’un entre eux est inscrit le sigle "CCO", un corps que les internautes ukrainiens affirment n’avoir jamais vu.
 
 
Vidéo : Nikvesti.
  
D’après le site de Nikvesti, "CCO" fait référence à une division des forces d’opérations spéciales ukrainiennes, dont la création avait été annoncée en 2011 mais qui n’avait pour l’heure jamais été en opération. Interrogé sur la création de cette force en septembre, le ministre de la Défense était resté très vague, expliquant que le projet n’avait pas été annulé. 
 
Cette vidéo a été largement partagée sur les réseaux sociaux. Plusieurs internautes n’hésitant pas à dire qu’il s’agit de la preuve que des forces spéciales russes appuient les forces de l’ordre ukrainiennes dans la répression des manifestations d’opposition. Ce blogueur a par exemple reposté la vidéo sous le titre : "Des forces colonialistes russes traînent dans les rues de Nikolaev". En effet, le sigle "CCO" désigne aussi une force spéciale russe dont la création a été annoncée en 2013. Sa mission officielle est de protéger les intérêts russes à l’étranger. Mais selon les journalistes locaux, rien n’indiquait que ces hommes n’étaient pas ukrainiens.
 
Ces rumeurs s’inscrivent dans un contexte plus général d’interrogations sur la présence de forces russes en Ukraine venus mater la contestation pro-européenne. Il y a quelques jours, Anatoly Gritsenko, un ancien ministre de la Défense ukrainien et leader d’une formation d’opposition, a publiquement déclaré que des forces spéciales russes avaient été secrètement déployées à Kiev pour travailler avec les forces ukrainiennes. Une accusation rejetée par l’ambassadeur russe à Kiev qui dénonce une "provocation". Lors du  sommet de l'UE – Russie qui s’est tenu fin janvier à Bruxelles, Vladimir Poutine a pour sa part affirmé que "la Russie n'interférera jamais" dans les affaires ukrainiennes.