JAPON

Des Japonais vent debout contre une loi "antidémocratique"

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Manifestants aux abords du Sénat le 6 décembre à Tokyo.

 

Peu habitués à manifester, les Japonais se rebellent contre une loi sur les secrets d’État. Ils étaient plusieurs milliers à crier leur colère, vendredi 6 novembre, aux abords du Sénat à Tokyo, lequel adoptait définitivement le texte qui, selon les protestataires, met en danger la démocratie dans le pays.

 

Au nom de la lutte contre l’espionnage, la loi prévoit des sanctions exceptionnelles contre toute personne révélant des secrets d’État. Elle encourra jusqu’à 10 ans de prison. Un journaliste pourrait ainsi être inculpé de trahison pour une simple question posée à un fonctionnaire et jugée dangereuse pour la sécurité du pays. Or, l’autorité compétente pour définir le caractère "spécial" du sujet évoqué est… le gouvernement. Les opposants craignent dès lors que n’importe quel sujet soit ainsi décrété "secret d’État", ayant en mémoire la communication du gouvernement sur la catastrophe nucléaire de Fukushima, que beaucoup ont jugé opaque.

 

 

Pour les opposants, dont nombre de médias et d’intellectuels proéminents, cette loi est aussi un moyen pour le gouvernement de Shinzo Abe de couvrir des scandales impliquant des responsables politiques. Ils estiment également qu’elle menace le caractère démocratique du régime.

 

Shinzo Abe a estimé pour sa part que cette loi était nécessaire pour rassurer les alliés du Japon, notamment les États-Unis, sur la confidentialité des échanges entre les deux pays, afin d’obtenir en retour plus d’information importantes. "Il était nécessaire de voter cette loi afin de protéger la vie et la propriété des gens", a assuré le Premier ministre, alors que son camp qualifiait les manifestants de "terroristes".

 

Toutes les images ont été prises par Magali, une de nos Observatrices au Japon.

 

 Caricature de Shinzo Abe, le Premier ministre, représenté en Hitler.

 

 

Echauffourées avec la police.