ESPAGNE

À Madrid, les éboueurs font grève pour "leur survie"

 Depuis un peu plus d’une semaine, les ordures ménagères s’amoncellent dans les rues de Madrid. En effet, les éboueurs sont en grève pour protester contre un plan social impliquant des suppressions de postes et des baisses de salaire. Notre Observateur, syndicaliste et gréviste, tire la sonnette d’alarme.  

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Photo postée sur Twitter par @JorgeCalvoActor.

 

Depuis un peu plus d’une semaine, les ordures ménagères s’amoncellent dans les rues de Madrid. En effet, les éboueurs sont en grève pour protester contre un plan social impliquant des suppressions de postes et des baisses de salaire. Notre Observateur, syndicaliste et gréviste, tire la sonnette d’alarme.

 

Face à la crise et à l’explosion des déficits publics, la mairie de Madrid, à l’instar de l’État et des régions, opère des coupes budgétaires auxquelles n’ont pas échappé les services de nettoyage. Conséquence : un mouvement social illimité a commencé le 5 novembre à l'appel des syndicats. Ces derniers dénoncent un plan social qui doit entraîner la suppression de 1 135 postes, sur environ 7 000 actuellement, alors que 350 emplois avaient déjà été supprimés en août. Le projet prévoit par ailleurs une baisse de 40% des salaires.

 

Les agents de nettoyage de Madrid gagnent entre 900 et 1 200 euros par mois. Les négociations menées entre les syndicats et les entreprises qui assurent la propreté des rues de la capitale n'ont pas permis de dégager le moindre accord pour l'instant.

 

Photo prise dans le centre de Madrid et postée sur Twitter par @Malqueridaa.

 

Photo postée par @FadFix sur Twitter.

 

"C'est hallucinant ce que certains se permettent de faire, ceci n'est pas une grève, mais ni plus ni moins du vandalisme. Ils ne méritent évidemment rien", peste une madrilène sur Twitter.

"Si les coupes annoncées sont adoptées, les salaires ne dépasseront pas le minimum légal"

Juan Carlos Del Rio est représentant du syndicat UGT (Union générale des travailleurs). Il vit à Madrid.

 

La situation est vraiment injuste car nous ne réclamons pas de hausse de salaire ou plus de droits. On se bat pour garder notre emploi et notre salaire. Un agent de nettoyage gagne en moyenne un peu plus de 1 000 euros par mois. Si les coupes annoncées sont adoptées les salaires ne dépasseront pas le minimum légal, à savoir 650 euros. Avec un tel salaire, je ne serai plus en mesure de payer mon loyer et nourrir ma famille. On court à la catastrophe.

 

À ma connaissance, c’est la deuxième fois que les employés des services de nettoyage font grève à Madrid. En 1993, un mouvement social – auquel j’avais d’ailleurs pris part – a duré 32 jours. À l’époque, les revendications n’étaient pas les mêmes : les employés du privé s’étaient battus pour obtenir les mêmes droits que ceux du public qui travaillaient moins et gagnaient plus. Depuis 2000, les entreprises publiques ont toutes été remplacées par des sociétés privées qui passent des contrats avec la mairie.

 

Tant qu’aucun accord ne sera trouvé, nous continuerons à protester. Nous entamons notre deuxième semaine de grève, Madrid croule sous les ordures… Nous avons parfaitement conscience que cette situation est désagréable pour la population mais là on joue notre survie, nous n’avons pas le choix.

 

Photo prise à l'éroport Barajas de Madrid et postée sur Twitter par @Alberto_gafas.

 

Billet rédigé avec la collaboration de @gregoireremund, journaliste à France 24.