Brésil

Vidéo : au cœur d’un bike-jacking à Sao Paulo

Voilà une vidéo qui pourrait résumer à elle seule le fléau de la criminalité au Brésil et les méthodes expéditives de la police. La scène se passe dans la zone est de Sao Paulo. Une caméra fixée sur son casque, un motard file au milieu de la circulation au guidon de sa Honda Hornet. Soudain, tout se précipite.

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Voilà une vidéo qui pourrait résumer à elle seule le fléau de la criminalité au Brésil et les méthodes expéditives de la police. La scène se passe dans la zone est de Sao Paulo. Une caméra fixée sur son casque, un motard file au milieu de la circulation au guidon de sa Honda Hornet. Soudain, tout se précipite. Alors qu’il ralentit pour franchir un croisement, un homme en moto armé d’un revolver le contraint à s’arrêter et à abandonner son engin. Mais il n’ira pas plus loin. Un policier surgit d’une voiture, un pistolet à la main. Deux coups de feu éclatent. Le voleur s’effondre.

 

 

Publiée sur le site Liveleak, la vidéo a été vue plus d’un million de fois. Nous avons demandé à nos Observateurs de Sao Paulo ce qu’ils en pensaient. La plupart félicitent le policier qui abat ce très jeune homme sans sommation.

 

Renato Gomes :

 

La façon dont le policier a agi n’est pas idéale, j’en conviens. Mais je pense qu’elle était la plus appropriée sur le moment, car le voleur aurait pu tirer sur lui ou sur le motard.

 

 

Jetro Falcao :

 

J’ai l’habitude d’assister à ce genre de braquages. Je ne pense pas qu’il s’agisse d’un ‘terrible incident’. Je suis fier de voir un policier suffisamment courageux pour tirer sur un voleur ! Notre justice et les droits de l’Homme ne sont favorables qu’aux bandits ! Je suis absolument sûr que 90 % des Brésiliens pensent comme moi et soutiennent le policier.

 

 

José Filardo-Xenon : 

 

Pour une fois, l’officier de police a agi correctement. Il a été témoin d’un crime et, en tant que policier, il ne pouvait pas faire comme s’il n’avait rien vu. La plupart des policiers préfèrent regarder ailleurs quand ils ne sont pas en service. Dans ce cas précis, il a fait ce qu’il devait faire.

 

De manière générale, les Brésiliens – y compris moi – craignent autant la police que les criminels. Comme j’ai l’habitude de dire, les policiers préfèrent être craints qu’être aimés. J’imagine qu’ils ont beaucoup lu Machiavel.

 

Au Brésil, les enquêtes sont menées par la police judiciaire et sont basées sur des interrogatoires durs et sur la dénonciation, grâce à une hotline confidentielle. C’est essentiellement la force qui est employée. Le taux d’affaires résolues est très, très bas, sauf lorsque la victime vient d’un milieu favorisé.

 

 

Touché à la jambe et l’abdomen, le voleur aurait été hospitalisé. Classée parmi les villes les plus dangereuses du monde au début des années 2000, Sao Paulo est aujourd’hui nettement plus sûre. Elle affiche un taux de 13 homicides pour 100 000 habitants, lorsqu’il était de 50 pour 100 000 il y a treize ans. Un chiffre bien éloigné du funeste  record de San Pedro Sula, au Honduras, qui comptaient en 2012 169 homicides pour 100 000 habitants.

 

Malgré cela, l’action de la police brésilienne est régulièrement mise en question, en particulier ces derniers mois lors des manifestations contre la hausse des prix dans les transports en commun. Selon Amnesty International, elle est responsable chaque année d’environ 2 000 décès.

 

Article écrit avec la collaboration de François-Damien Bourgery (@FDBourgery), journaliste à FRANCE 24.