Performance de Pierre Douaire sur un panneau publicaire à New York.
 
L’artiste français Pierre Douaire a posé ses ballons et détourné des affiches aux quatre coins du globe. En général, ses œuvres toutes simples et poétiques font sourire les passants, et même les policiers. Pas à Long Beach, en Californie, où les forces de l’ordre n’ont pas du tout apprécié son travail.
 
Pierre Douaire fait le tour des États-Unis cet été pour y filmer ses performances artistiques. Des collages, sur des panneaux ou des statues, pour remettre en question les grands mythes de la société américaine, comme ici sur le fameux taureau de Wall Street
 
 
À New York, il avait commencé une série sur les armes. Ici, par exemple, l’arme de Bonnie and Clyde qui se retourne vers le tireur.
 

 

Il a voulu poursuivre ce travail en Californie, à Long Beach près de Los Angeles. Mal lui en a pris. En soirée jeudi, il a escaladé la façade d’une station-service pour aller recouvrir un panneau publicitaire de feuilles.

 

Le panneau auquel s'est attaqué l'artiste. Les images de sa performance sont entre les mains de la police.
 
L’idée était de reproduire cette image. Une photo retouchée du pistolet qui a tué François-Ferdinand, le prince autrichien assassiné en 1914 et dont la mort avait déclenché la Première Guerre mondiale.
 
 
Pas sûr que les policiers de Long Beach aient saisis le message de l’artiste… Car vers 22h, alors que Pierre Douaire avait presque achevé son travail, un hélicoptère, puis quatre voitures de police, ont débarqué.
 
Pierre Douaire explique la scène.
 
J’ai d’abord entendu un hélicoptère au-dessus de moi. Ensuite j’ai vu des lumières sur le trépied de ma caméra. Puis des policiers qui me demandaient de descendre du toit. Je suis descendu et au début, ils étaient plutôt sympas. Je leur ai expliqué que j’avais fait ça partout dans le monde, même à New York, et que c’était une démarche artistique. L’un des flics regardait les photos sur mon téléphone et avait l’air de trouver ça marrant.
 
"Ils ont saisi tout mon matériel"
 
Mais un autre policier a fini par prendre la main, l’agent Hernandez, et lui ne rigolaient pas. Il m’a dit ‘ici c’est pas New York, bienvenue à Long Beach. Ce que tu as fait, c’est du vandalisme, c’est une atteinte à l’image de la ville, et c’est un crime’. Et là les choses se sont corsées pour moi. Ils ont saisi tout mon matériel, mon appareil photo Canon 5D, mon pied, mon objectif. Ils m’ont même pris mon téléphone parce que j’avais pris deux photos de mon oeuvre avec. J’ai eu beau leur dire que je pouvais les effacer, rien n’y a fait : c’était selon eux des pièces à conviction.
 
Maintenant je n’ai plus rien. Je suis bloqué dans mon motel en attendant qu’ils m’appellent, vu que je n’ai plus de téléphone portable. J’ai peur de prendre une grosse amende, car je vais être jugé pour ‘vandalisme’, et surtout de ne pas pouvoir quitter le pays à temps. Je ne sais pas combien de semaines peut prendre la procédure judiciaire ; je dois rentrer en France dans trois semaines.
 
Je me doutais que les flics américains étaient coriaces. Mais je n’ai rien abimé, c’était juste des feuilles agrafées sur un panneau publicitaire que j’aurais pu enlever s’ils m’avaient laissé faire… "
  
Pierre Douaire est un contributeur régulier sur le site des Observateurs de France 24. Ses ballons ont été aperçus de Paris.
 
 
A New Delhi...
 
 
D'autres œuvres de l'artiste sont visibles ici. Suivre Pierre Douaire sur Twitter : @pierredouaire