Les véhicules des habitants de Bangui, réquisitionnés par la Séléka, sont repeints et réutilisés par les rebelles. Photos publiées en avril 2013 sur Diaspora.
 
À leur arrivée à Bangui, capitale de la Centrafrique, les éléments de la Séléka se sont illustrés par bon nombre de pillages de commerces, mais aussi de domiciles. Objet de toutes les convoitises, les voitures, en particulier des 4x4, ont été "réquisitionnées" par l’ex-rébellion. Des véhicules qu’elle s’efforce désormais de maquiller pour circuler en ville.
 
Après une offensive éclair sur le nord du pays, les rebelles de la Séléka ont pris le 24 mars la ville de Bangui, mettant en déroute l’armée centrafricaine et forçant l’ancien président François Bozizé à quitter le pays. Le même jour, Michel Djotodia, personnage clef de la coalition de la Séléka, s’autoproclamait président.
 
Depuis la capitale a plongé dans l’insécurité. Aux pillages perpétrés par des éléments de la Séléka devenus incontrôlables, les habitants en colère ont répondu en lynchant des voleurs. La Force multinationale d'Afrique centrale (Fomac) peine à mener ses opérations de désarmement dans la ville. Devant ces difficultés, les chefs d’État de la région ont décidé le 18 mai de porter à 2 000 hommes l’effectif de cette force, pour l’instant de 800 éléments.
 

"Dans le meilleur des cas vous payez et dans le pire des cas, vous ne la revoyez jamais"

Barry (pseudonyme) tient le blog RCA Info à Bangui. 
 
Les vols de voiture ne se sont pas arrêtés au lendemain de la prise de Bangui. Encore aujourd’hui, ce genre de braquage est courant. Et tout le monde est concerné, même des officiels de haut rang.
 
Les vols sont principalement perpétrés par des membres de la Séléka. Ils sont particulièrement friands de 4x4. Et comme on n’en trouve pas chez tous les particuliers, ils s’en sont donc pris aux institutions, aux ONG ou encore à l’administration publique. Si bien qu’on croise des véhicules maquillés mais qu’on reconnaît, comme par exemple ceux de la Sodeca, la compagnie centrafricaine en charge de la distribution de l’eau.
 
Les autorités avaient annoncé il y a un peu plus d’un mois que les propriétaires détenant les papiers de leur véhicule en règle pouvaient aller les récupérer mais en réalité les choses ne se passent pas du tout comme ça. D’une part, parce que les véhicules sont repeints, parfois des pièces sont même changées. D’autre part, parce que ce n’est pas si simple de récupérer sa voiture. Dans le meilleur des cas vous devez payer, mais dans le pire des cas, on ne vous la rendra jamais.
 
Aujourd’hui, c’est la Séléka qui a repris le pouvoir. La police, la gendarmerie, les douanes, ils sont partout, alors il n’y a pas grand monde à qui demander des comptes.

"Des voitures ont été transformées en taxi"

James (pseudonyme) habite Bangui.
 
Beaucoup de voitures volées ont été maquillées à la hâte, on les remarque car les malfrats ont juste fait des petites tâches de peinture un peu partout.
 
Certaines voitures de particuliers volées ont été 'transformées' en taxi, c'est-à-dire repeintes en jaune. Elles sont ensuite prêtées a des chauffeurs qui proposent des courses la journée à Bangui et reverse une partie de leurs gains au pilleur.
 
C’est arrivé à un de mes amis qui a reconnu son véhicule malgré les modifications. Il s’est fait passer pour un client et a demandé une course vers le camp de Mpoko, un des camps de la Fomac. Là bas, il savait qu’il serait protégé en cas d’altercation. Une fois à l’intérieur du camp, il a expliqué au chauffeur que c’était son véhicule.
 
Ce dernier lui a dit que c’était un élément de la Séléka qui l’avait volé et en tirer ainsi de l’argent. Après avoir tout de même payé le chauffeur 5 000 francs CFA [42 euros]  pour la course, il a finalement récupéré son véhicule sans trop de problème.