TUNISIE

Joie des riverains après le démantèlement des commerces illicites à Bizerte

 Les autorités de Bizerte, dans le nord de la Tunisie, ont lancé une opération d’envergure visant à démanteler les commerces illicites qui se sont multipliés dans le centre-ville ces dernières années. Lancée en début de semaine, l’opération avait tourné à l’affrontement entre les forces de l’ordre et des jeunes vendeurs. Pour notre Observateur, c’est un mal nécessaire qui a permis de mettre fin à une anarchie devenue insupportable pour les riverains. .

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Photo du centre-ville de Bizerte publiée sur Facebook.

 

Les autorités de Bizerte, dans le nord de la Tunisie, ont lancé une opération d’envergure visant à démanteler les commerces illicites qui se sont multipliés dans le centre-ville ces dernières années. Lancée en début de semaine, l’opération avait tourné à l’affrontement entre les forces de l’ordre et des jeunes vendeurs. Pour notre Observateur, c’est un mal nécessaire qui a permis de mettre fin à une anarchie devenue insupportable pour les riverains. Témoignage.

 

Quand les pelleteuses sont entrées dans la nuit de lundi à mardi dans la rue Cheikh Driss pour démanteler les étals, les vendeurs ambulants ont mis le feu au marché en guise de protestation. S’en est suivi une nuit d’affrontements avec les forces des l’ordre qui ont fait usage de gaz lacrymogène pour disperser les manifestants. Les heurts ont fait un mort et plusieurs blessés.

 

Le marché de la rue Cheikh Driss a été incendié par des jeunes en colère. Vidéo publiée sur Facebook.

 

Depuis le calme est revenu dans le centre-ville de Bizerte, malgré la poursuite des démantèlements des commerces illicites, à la grande joie de nombreux habitants qui ont fait part de leur soulagement sur les réseaux sociaux et posté de nombreuses photos de l’opération.

 

Cités par l’agence Tunisie Afrique Presse, des vendeurs ambulants ont eux estimé que l’intervention de la municipalité de Bizerte était "illégale" et qu’au lieu d’utiliser la force, les autorités auraient dû recourir à la justice pour les déloger.

Le gouverneur de Bizerte, Abderrazak Ben Khélifa, a pour sa part promis d’aider les propriétaires de ces étalages en facilitant leur installation dans un espace à l’écart du centre-ville.

 

Une rue du centre-ville de Bizerte après le démantèlement des étalages anarchiques. 

 

Les étalages sauvages de la rue Chikh Driss gênaient la circulation.

  

Les autorités tunisiennes ont récemment décidé de mettre les bouchées doubles pour mettre fin au commerce illicite. Au mois de mai, le gouvernement a créé une commission de lutte contre le commerce parallèle et le transport anarchique.

 

"Je sais que les jeunes ici souffrent du chômage et qu’il faut les aider, pour autant on ne peut plus accepter un tel désordre dans la ville"

Khaled Abdelmoumen habite à Bizerte, où il travaille comme pilote de port.

 

C’est un retour salutaire à la légalité. Le problème des commerces illicites existait déjà à l’époque de Ben Ali, mais ils étaient installés seulement au niveau de la rue Cheikh Driss. Après la révolution, les étalages anarchiques ont envahi tout le centre-ville, la rue Sassi Bahri mais aussi celles adjacentes à l’avenue Bourguiba, rendant la vie impossible aux riverains.

 

La rue Cheikh Driss, pourtant large de 12 mètres, était devenue piétonnière parce que les étals étaient installés à même la rue. Quand les habitants du quartier avaient un enterrement, ils étaient obligés de jouer du coude et parfois se battre pour pouvoir transporter leur défunt à la mosquée, tant les rues étaient bondées de monde.

 

Démantèlement de l’un des nombreux kiosques installés sur les trottoirs

La municipalité s’est aussi attelée à démanteler les kiosques à tabac et les gargotes anarchiques qui étaient installés sur les trottoirs et gênaient la circulation des piétons. Avec ces démolitions, les rues qui étaient envahies par les immondices générées par ce commerce commencent aujourd’hui à retrouver leur propreté. Dans la rue Driss, les chauffeurs ont pu récupérer leur emplacement, où il ne pouvait plus accéder depuis des mois.

 

Les taxis ont ou accéder de nouveau à l’emplacement qui leur est réservé par la municipalité, rue Cheikh Driss.

 

Je sais que les jeunes ici souffrent du chômage et qu’il faut les aider, pour autant on ne peut plus accepter un tel degré de désordre dans la ville. Le gouvernorat a proposé de mettre à disposition de ces vendeurs un entrepôt situé près de la gare ferroviaire. Mais ils refusent cette proposition, la zone étant moins fréquentée à cause de son emplacement à la périphérie de la ville. C’est dommage, car l’endroit est équipé d’une mosquée et de toilettes, ce dont ils ne disposaient pas au centre-ville, où il n’était pas rare de trouver des bouteilles remplies d’urine jetées par terre.

 

Les autorités devraient également s’atteler à démanteler les nombreuses extensions que des habitants ont fait construire à leur domicile après la révolution et qui a ont défiguré le paysage urbain. J’espère qu’ils vont aussi mettre les moyens pour éradiquer les décharges sauvages un peu partout dans la ville. Il y a quelques jours, dans le quartier de Aïn Meriem, on a même trouvé des vaches en train de brouter de l’herbe au beau milieu d’une des ces décharges. Il y a encore du travail !

  

 Des vaches en train de brouter de l’herbe au milieu d’une décharge sauvage dans le quartier de Ain Meriem.

 

 

Toutes les photos ont été publiées sur les pagaes Facebook Bizerte News et Renouveler Bizerte