CHINE

Pics de pollution : les Pékinois privés de… barbecue

 Ces derniers mois, la ville de Pékin n’a eu de cesse de battre ses propres records de pollution. Mais qu'à cela ne tienne, les autorités ont prévu une armada de solutions. Parmi celles-ci, l'éradication des barbecues de rues dont les Pékinois sont pourtant si friands le printemps venu.

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Barbecue à Pékin. Photo postée sur Flickr par aadm.

 

La ville de Pékin n’a de cesse de battre ses propres records de pollution. Ces derniers mois, le taux de concentration dans l’air de particules fines (un des critères de l’indice de pollution) a atteint des niveaux plus de 10 fois supérieurs au taux considéré comme nuisible à l’être humain par l’Organisation mondiale de la santé (OMS). Un désastre environnemental qui est, pour l’essentiel, la conséquence de l’intense activité industrielle de l’immense capitale ainsi que de la pollution automobile [250 000 voitures en plus chaque année à Pékin].  

 

Cette image nuit aujourd’hui tellement à la ville que les autorités ont fait savoir qu’elles seraient sur tous les fronts pour tenter d’améliorer la qualité de l’air. Tous, même celui des vendeurs ambulants qui grillent leur viande au barbecue, provoquant d’épaisses fumées nocives.

 

Un stand de brochettes à Pékin. Photo postée sur Flickr par Leighgion.

 

La plupart de ces petits commerces ambulants qui pullulent au printemps sont illégaux, a ajouté Dang Xuefeng, un des porte-parole de la municipalité de la ville. Des opérations d’inspection seront donc menées tout au long du mois de mai. Les contrevenants encourent une amende de 5 000 yuans [plus de 600 euros], soit plus du double du salaire mensuel moyen en Chine.

 

Mais déjà les internautes se moquent de cette initiative, estimant que les actions de la municipalité devraient se focaliser sur les gros pollueurs. C’est le cas de cette utilisatrice de Weibo :

 

La dernière mesure de Pékin contre la pollution vise les stands de barbecues ? Ils feraient mieux de se poser la question de ce qu’on vend précisément sur ces stands [des scandales concernant de la nourriture avariée et maquillée ont éclaté récemment]. Par ailleurs, arrêtez de harceler ceux qui tentent de gagner leur vie en travaillant de l’aube à tard dans la nuit. Pourquoi ne pas contrôler davantage l’industrie et les émissions des voitures ? Tout cela est ridicule !

 

Cet hiver, Pékin avait promis 12 milliards d’euros sur trois ans pour améliorer la qualité de l’air. Au pire des pics de pollution, les autorités avaient accepté de fermer temporairement des usines. Une délivrance plus stricte des nouvelles plaques d’immatriculation avait également été décidée. Une série de mesures qui avait été accueillie avec un certain scepticisme, beaucoup estimant que les grosses entreprises ne joueraient pas le jeu.