ÉGYPTE

Un graffiti homophobe détourné dans les rues du Caire

En Égypte, où être gay peut vous mener tout droit en prison, les militants de la cause homosexuelle commencent peu à peu à sortir de l’ombre. En témoigne cette photo d’un graffiti homophobe détourné récemment par des militants dans une rue du Caire.

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En Égypte, où être gay peut vous mener tout droit en prison, les militants de la cause homosexuelle commencent peu à peu à sortir de l’ombre. En témoigne cette photo d’un graffiti homophobe détourné récemment par des militants dans une rue du Caire.

  

Cette photo "avant-après" a été partagée par Leil-Zahra Mortada sur sa page Facebook. Le graffiti est situé au niveau de la rue Mohamed Mahmoud, théâtre de nombreux affrontements entre les manifestants révolutionnaires et les forces de l’ordre. Sur le dessin initial, au-dessus de deux policiers en képi qui s’embrassent, il était inscrit "Les flics sont gays". L’objectif étant d’insulter les forces de police accusées de brutalité envers les manifestants. Mais des militants de la cause homosexuelle ont effacé ce slogan et l’ont remplacé par "l’homophobie n’est pas révolutionnaire". Quant aux moustaches qui ornaient le visage des policiers, elle ont été remplacées par des arcs-en-ciel, couleur du drapeau du mouvement LGBT.

 

Sur sa page Facebook, Leil-Zahra Mortada rend hommage à cette initiative : "Un grand salut à ces hommes et ces femmes courageuses (…). La révolution continue contre le système, les idées réactionnaires et le machisme. Ils ne pourront rien contre nous tant qu’il existera des gens comme vous. À bas le système ! "

 

Si les auteurs du happening de la rue Mohamed Mahmoud ont préféré garder l’anonymat, sur les réseaux sociaux le militant Ramy Youssef a choisi le combat à visage découvert. Il a ainsi lancé fin mars une page Facebook et un hashtag baptisé  #ضد_رهاب_المثلية (contre l’homophobie). Un mot-clé qui a immédiatement suscité des réactions très contrastées sur Twitter, entre messages de sympathies et dérapages…homophobes.

 

"L’homosexualité n’est pas un choix. L’homophobie si !"  

 

"Je ne suis pas homosexuel, mais l’homosexualité est une réalité dans nos sociétés devant laquelle nous n’avons que deux options : soit nous les acceptons et nous leurs accordons leurs droits, soit nous les ignorons et ce serait un perte pour nous !"

 

"Certains ont établi un parallèle entre les dangers du mariage des mineurs et les homosexuels.  Oui, le mariage des mineurs est mal, mais au moins il ne provoque pas le sida." 

 

En Égypte, l’homosexualité ne figure pas dans le Code pénal. Néanmoins, en 2004 les autorités ont eu recours aux lois sur la prostitution et la moralité pour poursuivre des homosexuels en justice.  

 

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