SYRIE

La rébellion syrienne est-elle en possession de missiles américains Stinger ?

 Les insurgés Syriens sont-ils en possession de missiles anti-aériens Stinger ? C’est en tout cas ce qu’a affirmé mercredi un haut responsable militaire russe. Ces armes de fabrication américaine sont réputées pour leur efficacité dans les combats anti-aérien et pourrait changer la donne de la guerre en Syrie si elles tombaient entre les mains des rebelles.

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Capture écran d'une vidéo postée sur YouTube montrant un rebelle syrien portant un missile SA-7 sur l'épaule. En revanche, pas de trace de missiles Stinger sur les images diffusées par la rebellion. 

 

Les insurgés Syriens sont-ils en possession de missiles anti-aériens Stinger ? C’est en tout cas ce qu’a affirmé mercredi un haut responsable militaire russe. Ces armes de fabrication américaine sont réputées pour leur efficacité dans les combats anti-aérien et pourrait changer la donne de la guerre en Syrie si elles tombaient entre les mains des rebelles. 

 

"Des activistes qui combattent les forces gouvernementales syriennes ont des missiles portatifs provenant de différents pays, dont des Stinger américains. On ignore encore qui les a fournis", a déclaré mercredi le général Nikolaï Makarov, chef d’état-major de l’armée russe. Immédiatement, le département d'Etat américain a nié tout implications rappelant que les Etats-Unis ne fournissaient pas d'aide militaire à la rébellion syrienne.

 

Selon Aymeric Elluin, directeur de la campagne "Armement et Impunité" d’Amnesty International contacté par France 24, si Washington ne souhaite pas que ces armes soient en circulation en Syrie, c’est par crainte de voir le scénario afghan s’y reproduire : "Dans les années 1980, les autorités américaines avaient fourni des Stinger à la résistance afghanes qui lui ont permis d’infliger de lourde pertes à l’aviation soviétique. Beaucoup de ces armes sont aujourd’hui entre les mains des Taliban et d’al-Qaïda. Craignant que ces missiles ne soient utilisés par des groupes terroristes contre l’aviation civile, les pays du G8 ont décidé lors du sommet de 2003 d’imposer des contrôles drastiques aux opérations de transfert de ce types d’armes".

 

"Trois ou quatre Stinger sont en phase d’expérimentation aux mains des rebelles", selon notre Observateur à Homs

 

À Alep, près de la frontière avec la Turquie, des activistes syriens contactés par France 24 ont nié être en possession de telles armes. Toutefois, Waleed Fares, activiste à Homs, nous a affirmé être au courant qu’un "échantillon de trois ou quatre Stinger était actuellement en phase d’expérimentation aux mains des rebelles". Selon lui, ces armes proviendraient d’une cargaison destinée à l’Armée Syrienne libre (ASL) qui est bloquée depuis plusieurs semaines en Turquie en raison de réticences américaines : " Le gouvernement américain est en train d’exercer des pressions sur la Turquie pour qu’elle ne nous livre pas ces armes. Pendant ce temps, les civils syriens continuent de mourir sous les bombes. Les missiles Stinger pourraient nous aider à inverser le rapport de force contre l’armée à notre avantage".

 

En août dernier, la chaîne saoudienne Al Arabiya, citant un opposant syrien basé aux États-Unis, avait déjà évoqué le fait que l'ASL disposait de missiles Stinger. Il avait, en revanche, précisé que les insurgés n’en avait pas encore fait usage.

 

Des missiles sol-air SA-7 aux mains des rebelles, la preuve en images

 

Ces dernières semaines, les rebelles Syriens sont parvenus à abattre plusieurs appareils de l’aviation. Mais sur les vidéos postées par les insurgés, pas de trace du missile Stinger américain. En revanche, il n’est pas rare de trouver des images montrant des insurgés annonçant avoir mis la main sur des SA-7, des missiles sol-air de fabrication soviétique appartenant à l’armée syrienne. Ces armes sont moins performantes que les Stinger, mais elles permettent elles aussi d’atteindre des avions à basse altitude et sont plus faciles à manier. 

 

 

Cette vidéo postée le 2 septembre, montre un groupe de rebelles à Harran Aouamid, une localité située à 25 kilomètres au sud de Damas, en train de fêter la prise de deux camions porte missiles SAM-2 appartenant à l’armée loyaliste.

 

 

Postée le 15 octobre, cette vidéo montre deux rebelles appartenant à la brigade Assalam, à Alep, en train guetter le passage d’un avion derrière un bâtiment. L’un deux est armé d’un lanceur de missile. Nous avons montré les images à Wassim Nasr spécialisé en Défense, qui nous a confirmé qu’il s’agit bien d’un SA-7.

 

Des armes acheminées clandestinement de Libye ?

 

Selon lui, il existe de fortes présomptions que des SA-7 aient été acheminés clandestinement de Libye, où il existe un important stock de ce type d’armes.

 

Fin avril, l’armée libanaise avait saisi, à bord d’un navire arraisonné dans le nord du pays, trois containers d’armes en provenance de Libye. Selon une source des services de sécurité, citée par l’AFP, ce chargement se composait de mitrailleuses lourdes, d'obus, de roquettes, de lance-roquettes et d'explosifs.