RUSSIE

Florilège des vidéos de fraudes en Russie

 L'opposition russe avait annoncé que le scrutin présidentiel serait frauduleux. Le gouvernement russe avait donc tenté de faire bonne figure en mettant en place un dispositif censé prévenir les irrégularités. Les vidéos de fraudes qui déferlent sur le web depuis dimanche semblent  montrer que malgré ses promesses le pouvoir n'a pas pu se départir de ses vieilles habitudes.

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L'opposition russe avait annoncé que le scrutin présidentiel serait frauduleux. Le gouvernement avait donc tenté de faire bonne figure en mettant en place un dispositif censé prévenir les irrégularités. Malgré ces promesses, les vidéos de fraudes qui déferlent sur le Web depuis dimanche semblent démontrer que le pouvoir n'a pas pu se départir de ses vieilles habitudes.

 

Après les fraudes avérées qui ont marqué les élections législatives du 4 janvier, des milliers de Russes sont descendus dans la rue pour demander une élection présidentielle propre, provoquant une des plus grandes vagues de manifestations qu’ait connu le pays ces dernières décennies. Pour calmer les inquiétudes des électeurs, les autorités ont donc déboursé quelque 361 millions d’euros pour l’installation de webcams dans les bureaux de vote. Un équipement qui devait permettre de dissuader, ou de détecter le cas échéant, les fraudes lors du scrutin du 4 mars.

 

Malgré ce dispositif, les observateurs électoraux présents dimanche ont été unanimes : le déroulement du scrutin a été marqué par de très nombreux incidents. L’Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE) a indiqué lundi dans un rapport préliminaire que dans près d’un tiers des bureaux de vote le décompte des voix avait été "mal ou très mal" effectué. Et depuis 48 heures, c’est sur YouTube qu’affluent les vidéos de fraudes, certaines ayant même été filmées par les webcams installées par les autorités précisément pour dissuader les fraudeurs.

 

 

Trois urnes mobiles ayant permis de recueillir les votes de personnes âgées ou handicapées sont ramenées pour le décompte à Tula, une ville située à 200 km de Moscou. Les deux premières, qui n’ont pas été surveillées par des observateurs électoraux, sont pleines à craquer de bulletins de vote pour Poutine. La troisième, qui a été surveillée par un observateur et un journaliste, contient beaucoup moins de bulletins dont beaucoup ne sont pas en faveur de Vladimir Poutine.

 

 

Des électeurs venus de provinces arrivent en minibus à Moscou pour voter. Quand on leur demande pourquoi ils viennent en si grand nombre, les réponses sont confuses. L’un affirme que c’est pour un mariage, un autre pour des funérailles et un troisième dit être venu pour faire du shopping. La pratique du "carrousel" qui consiste à payer des citoyens pour qu’ils votent pour un candidat, parfois en leur donnant de faux papiers, avait déjà été signalée lors des législatives et ne semble pas avoir disparue entre-temps.   

 

Au Daguestan, des observateurs de l’élection regardent, via la webcam installée par les autorités, des hommes enregistrer des dizaines de bulletins à la chaîne dans une machine de vote électronique.

 

 

Après la fermeture des bureaux de vote dans la région de Sverdlovsk, le personnel enregistre plusieurs bulletins dans une machine électronique. Il n’a pas encore été déterminé s’ils étaient en train d’enregistrer les votes de Russes à l'étranger mais de nombreuses internautes russes ont signalé cette vidéo.

 

 

Vladimir Poutine a remporté l’élection présidentielle russe avec 63,9 % des voix, selon des résultats quasi-définitifs et entame son troisième mandat présidentiel, après quatre années au poste de Premier ministre. Sa victoire a été accueillie lundi par plusieurs grandes manifestations d’opposition à Moscou et à Saint-Pétersbourg notamment, qui se sont soldées par des centaines d’arrestations.