LIBYE

Profanation d’un cimetière de soldats britanniques à Benghazi: une attaque des salafistes ?

 Sur ces images, tournées il y a quelques jours à Benghazi, un groupe d’hommes est filmé en train de profaner un cimetière abritant des tombes de soldats britanniques tués pendant la Seconde Guerre mondiale. Un acte de vandalisme interprété comme une réponse à l’affaire des Corans brûlés en Afghanistan et dans lequel certains commentateurs ont vu la signature d’islamistes extrémistes salafistes.

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Capture d'écrans des individus en train de profaner les tombes du Benghazi War Cemetry.

 

Sur ces images, tournées il y a quelques jours à Benghazi, un groupe d’hommes est filmé en train de profaner un cimetière abritant des tombes de soldats britanniques tués pendant la Seconde Guerre mondiale. Un acte de vandalisme interprété comme une réponse à l’affaire des Corans brûlés en Afghanistan et dans lequel certains commentateurs ont vu la signature d’islamistes extrémistes salafistes.

La profanation a eu lieu entre le 24 et le 26 février selon le Foreign Office, le ministère britannique des Affaires étrangères, qui a imputé l'attaque à des salafistes sans étayer l'accusation. Parmi les 1 214 tombes de combattants du Commonwealth tués en Afrique du Nord qu’abrite le cimetière militaire de Benghazi, 200 ont été profanées. Un autre cimetière italien aurait également été attaqué le même jour, également à Benghazi, selon le site de la BBC.

 

 

Aucun groupe n'a revendiqué cette attaque. Mais au début de la vidéo, la personne qui filme dit "Brisez la croix de ces chiens", preuve pour certains commentateurs que ce sont des islamistes extrémistes qui sont à l’œuvre. L'hebdomadaire britannique "Mail on Sunday" a, quant à lui, identifié les auteurs de ces actes comme "d'anciens rebelles libyens".

 

Le Conseil national de transition libyen (CNT) a condamné ces attaques, les jugeant "immorales, irresponsables et criminelles" et s'est engagé à "retrouver et poursuivre les auteurs". Pour l’heure, aucune des personnes présentes sur la vidéo n’a été identifiée.

"Parler uniquement de salafistes me semble exagéré. Ce sont surtout les actes de jeunes irresponsables"

Fatima Agiela est inspectrice en charge des affaires scolaires.

 

On ne peut pas imputer la responsabilité de ces actes à un groupe en particulier. On voit bien sur cette vidéo que les profanateurs avaient différents profils : il y avait certes des hommes avec des "qamiss" [sorte de djellabas ndlr] et des barbes que l’on peut associer aux salafistes. On les entend d’ailleurs crier "Allahou akbar" [Dieu est grand]. Mais il y avait aussi des adolescents en jeans qui semblent prendre cela pour un jeu ou encore des hommes en uniforme militaire munis d’armes. On ne peut même pas affirmer que ces derniers sont d’anciens rebelles car les armes continuent à circuler en Libye et les habits de militaires se vendent dans n’importe quel supermarché. Avec le désordre qui règne, il peut donc s’agir de n’importe qui. C’est pour cela que parler uniquement de salafistes me semble exagéré. Mais d’après ce qui se dit ici, ce sont surtout les actes de jeunes irresponsables qui ont trouvé dans l’affaire des Corans en Afghanistan un prétexte pour mener des actions violentes, mais sans base idéologique particulière.

 

Cette profanation a provoqué l’indignation non seulement des officiels libyens mais également des habitants de la ville. De tels agissements donnent une mauvaise image de notre religion mais aussi de la Libye. C’est malheureux que cela se passe à Benghazi, qui est la première ville à s’être soulevée contre l’ancien régime. Cette incident risque de servir la cause des pro-Kadhafi, puisque c’est la première fois depuis la Seconde Guerre mondiale que ce cimetière est profané [une chaîne YouTube pro-Kadhafi a d’ailleurs repris la vidéo en l’intitulant "Des rebelles détruisent un cimetière chrétien" ndlr]."