Deux journalistes occidentaux ont été tués ce mercredi dans le bombardement - par l'armée syrienne - d'un centre de presse où se trouvaient des militants antirégime, dans le quartier de Baba Amr, à Homs. L'un de nos Observateurs, Khaled Abu Salah, était sur place et s’est filmé juste après l’attaque.
 
Compte tenu du caractère violent des images tournées, FRANCE 24 a décidé de ne pas diffuser la vidéo. Mais voici la traduction des propos de Khaled Abu Salah, que l'on voit dans la séquence : "Ce sont les corps de la journaliste américaine Marie Colvin et du journaliste français Rémi Ochlik. Trois autres journalistes ont été blessés, dont l'une du Figaro se trouve dans un état critique [elle apparait sur une vidéo blessée à la jambe]. Cette journaliste [dit-il en pointant du doigt le corps de Marie Colvin, NDLR] travaillait pour le Sunday Times. Ce que vous voyez, ce sont les débris liés aux bombardements qui continuent. Tout le monde doit nous aider à soigner les blessés et à sauver les gens qui sont encore en vie à Baba Amr. Ce message s’adresse à l’Union européenne, votre sang est maintenant mêlé à celui des Syriens, vous devez immédiatement agir et stopper les gangs d’Assad."
 
 

"Les journalistes ont dû être repérés à cause de la connexion satellitaire qu’ils utilisaient"

Abou Jaafar est membre du comité révolutionnaire de Homs. Nous l’avons contacté quelques instants après l’annonce du décès des deux journalistes. Il était dans la rue avec son ordinateur portable à proximité du quartier de Baba Amr. Il a pu nous parler grâce à une connexion satellitaire.
 
Cela fait à présent 20 jours que le quartier de Baba Amr est soumis à des bombardements intensifs. Aujourd’hui, c’est le centre médiatique improvisé, là où se regroupaient tous les journalistes présents à Homs, qui a été touché. Je pense qu’ils ont été repérés à cause de la connexion satellitaire qu’ils utilisaient [l’accès classique à Internet est coupé depuis le début des bombardements sur Homs]. Onze obus ont été tirés sur le bâtiment où ils se trouvaient.
 
Mis à part les journalistes, on a compté aujourd’hui 21 morts à Homs. Ce sont les endroits les plus sensibles, là où se regroupent les militants, qui sont visés. À présent, la situation est tellement catastrophique que notre seul souhait est que l’on nous assure l’acheminement de l’eau qui est devenue introuvable. Le gouvernement syrien refuse même les couloirs humanitaires qui ont été proposés par la Croix Rouge. Nous sommes réellement coupés du monde."
 
Sur cette vidéo, on entend le début d’une manifestation qui s’improvise derrière lui.