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AFGHANISTAN

Brûler des corans, une "erreur invraisemblable" pour les Afghans

5 mn

Pour la deuxième journée consécutive, de violentes émeutes ont enflammé les rues de Kaboul, Jalalabad ou encore Hérat. Une réaction qui fait suite à la destruction d'exemplaires du coran par des soldats américains résidant sur la base de Bagram (nord du pays ) et que les Afghans considèrent comme l’humiliation de trop.

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Pour la deuxième journée consécutive, de violentes émeutes ont enflammé les rues de Kaboul, Jalalabad ou encore Hérat. Une réaction qui fait suite à la destruction d'exemplaires du coran par des soldats américains résidant sur la base de Bagram  (nord du pays ) et que les Afghans considèrent comme l’humiliation de trop. 

 

Mardi, environ 2 000 personnes avaient déjà manifesté devant la base aérienne de Bagram après que des ouvriers afghans ont retrouvé des restes calcinés du livre saint en ramassant des ordures sur le site.

 

Les responsables militaires américains ont aussitôt tenté d’apaiser les tensions en présentant leurs excuses aux Afghans et en plaidant "l’erreur". Des exemplaires du coran ont été jetés "par inadvertance dans l'incinérateur de la base de Bagram", a confirmé le général américain John Allen, commandant de la Force internationale d'assistance à la sécurité (ISAF). "Le matériel a été récupéré et sera pris en charge par les autorités religieuses appropriées. (…) Je vous assure, je vous promets, ce n’était pas intentionnel, de quelque manière que ce soit", a-t-il poursuivi dans un message vidéo.

 

À Washington, le secrétaire à la Défense américain, Leon Panetta, a également présenté ses excuses tandis que son vice-secrétaire rencontrait directement le président afghan Hamid Karzaï à Kaboul. Mais ces tentatives n’ont pas calmé la colère des manifestants.

 

D’autant qu’un responsable militaire américain a affirmé à l’AFP que les exemplaires du coran auraient été brûlés intentionnellement parce qu'ils servaient à dissimuler des messages passés entre les prisonniers détenus sur la base de Bagram.

 

Déjà, en janvier dernier, une vidéo sur laquelle une unité de soldats américains urinait sur des cadavres de Taliban présumés avaient provoqué une vague d’indignation dans le peuple afghan.

 

Le ministère de l'Intérieur afghan a fait état de sept morts depuis le début des émeutes mardi.

 

"Des manifestants jettent des pierres sur les véhicules des troupes étrangères, sur Jalalabal Road à Kaboul", indique le titre de cette vidéo publiée par Sharifullah Sahak sur Youtube.

 

"Les manifestants ne comprennent pas comment des gens qui connaissent le pays ont pû commettre une telle erreur"

Nour Afgha (pseudonyme) est un jeune Afghan, il vit à Kaboul.

 

Personnellement, je ne suis pas allé manifester car j’avais peur de sortir. Je ne pense pas que la destruction des corans à Bagram soit intentionnelle, des Afghans musulmans travaillent aussi sur ces bases et ils n’auraient pas laissé faire ça.

 

Mais si les manifestants réagissent de cette manière, c’est parce qu’ils savent que les militaires sont des gens éduqués, qui connaissent les spécificités et les difficultés du pays et qui savent à quel point les questions religieuses sont sensibles. Pour eux, la destruction des corans était intentionnelle car ils n’imaginent pas qu’une telle "erreur" soit possible, cela leur semble invraisemblable.

 

Cet acte a tout d’une nouvelle humiliation pour les musulmans en général et les Afghans en particulier, ce n’est pas la première fois que les militaires étrangers font ce genre d’"erreurs". Par ailleurs, l’année dernière, plusieurs personnes étaient mortes dans les violentes manifestations qu’avait déclenché un Américain [le pasteur chrétien intégriste Terry Jones, ndlr] en brûlant le coran en public.

 

Et suite à ces histoire des étrangers avaient aussi été tués dans l’attaque des bureaux de l'ONU à Mazar-i-Sharif. Il est possible que les choses prennent la même tournure cette fois-ci. [L’ambassade américaine à Kaboul a suspendu les déplacements de son personnel et a demandé à ses ressortissants d'éviter les manifestations].

 

Je pense que ces manifestations ne cesseront pas avant la prière du vendredi."

Émeute à Kaboul, le 22 février 2012. Photo publiée par Sharifullah Sahak sur Twitter.

 

Émeute à Kaboul sur Jalalabad Road, le 22 février 2012. Photo publiée par Sharifullah Sahak sur Twitter.

Des émeutiers lancent des pierres vers la tour de garde du Camp Phoenix, un camp militaire américain à Kaboul, le 22 février 2012.Photo publiée par Sharifullah Sahak sur Twitter.

 

Des émeutiers à proximité de l'ambassade américaine à Kaboul, le 22 février 2012. Photo publiée par Sharifullah Sahak sur Twitter.

 

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