De nombreux internautes chinois abreuvent les réseaux sociaux de critiques à propos du veto de leur gouvernement au projet de résolution de l'ONU condamnant la répression militaire qui dure depuis 11 mois en Syrie. Ils affirment que cette décision ne les représente pas.
 
La Chine et la Russie ont été les seuls membres, parmi les 15 que compte le Conseil de sécurité de l’ONU, à s'opposer au projet de résolution exigeant la démission de Bachar al-Assad. Les réactions internationales à ce veto ont été cinglantes, la secrétaire d'État américaine Hillary Clinton qualifiant la décision de Pékin de "parodie" et exprimant ses craintes d'une "guerre civile brutale". L'ambassadeur de France auprès de l'ONU a, lui, parlé d’un "jour triste pour ce Conseil, un jour triste pour tous les Syriens et un jour triste pour la démocratie".
 
Imperturbable, la Chine a défendu son parti-pris dans "Le quotidien du peuple", l'organe du Parti communiste chinois. Publié lundi 6 février, un éditorial reconnaît pourtant que "la situation en Syrie continue de se détériorer et (que) le nombre de victimes civiles continue de s'accroître". Mais "Le quotidien du peuple" accuse également l'Occident d'être irresponsable : "Actuellement, la situation en Syrie est extrêmement complexe. Soutenir de manière simpliste un camp et réprimer l'autre peut apparaître comme une manière salutaire de changer le cours des choses, mais aurait en réalité pour effet de planter de nouvelles graines menant à une catastrophe". 
 
Après cet éditorial, les internautes chinois ont refusé de laisser leur gouvernement avoir le dernier mot et ont répliqué sur les réseaux sociaux. Le plus important site de microblogging chinois, Weibo, a été inondé de critiques acerbes à l'encontre du président Hu Jintao et de son gouvernement. 
 
Ces dessins de Remon Wang, connu sous le nom de Rebel Pepper, circulent sur la toile.
 
 
 
 
Et voici quelques réactions d'internautes chinois au veto de leur pays à l'ONU.
 
"Peut-être que le veto russe a été motivé par les élections présidentielles qui se dérouleront en mars, mais quelle était la motivation de la Chine ?"
 
 
Commentaire publié sur Weibo par l'utilisateur Han Zhiguo, le 5 février.
 
"La Chine affaiblit encore sa position sur la scène internationale (...). Peut-être que le veto russe a été motivé par les élections présidentielles qui se dérouleront en mars, mais quelle était la motivation de la Chine ?"
 
"Les conséquences pourraient être graves pour la Chine"
 
Commentaire publié sur Weibo par l'utilisateurGod bless China A, le 9 février.
 
"Le gouvernement chinois a encore été trompé par la Russie. Les Russes vont maintenant laisser tomber Pékin et essayer de forcer Bachar al-Assad à démissionner. La Chine a contrarié l'Europe, les États-Unis et la Ligue arabe, cela va peut-être les handicaper pour négocier sur d’autres sujets. Les conséquences pourraient être graves pour la Chine : 1. Si la Ligue arabe décide d'imposer des sanctions à la Chine, la Chine sera confrontée à une pénurie de carburant. 2. La Russie pourrait alors exploiter cette pénurie de pétrole en faisant payer la Chine beaucoup plus cher."
 
 

"En fin de compte, ils soutiennent un régime dictatorial qui opprime les gens"

 
Commentaire publié sur Weibo par l'utilisateur Song of soul, le 9 février.
 
 
"(...) La politique étrangère chinoise est injuste et sordide, et ils ont fait valoir leur veto de manière irrationnelle pour soutenir en fin de compte un régime dictatorial qui opprime les gens. Ils traitent les gens comme s’ils étaient des moins que rien."