MAROC

Des "diplômés chômeurs" de Rabat s’immolent par le feu pour obtenir un travail

 Depuis deux semaines, ils sont près de 200 "diplômés chômeurs" à occuper la terrasse de l’annexe du ministère de l’Éducation nationale à Rabat, la capitale du Maroc. Les militants se disent prêts à s’immoler par le feu s’ils ne sont pas recrutés immédiatement par la fonction publique. Hier après-midi, plusieurs d’entre eux sont passés à l’acte.

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Depuis deux semaines, ils sont près de 200 "diplômés chômeurs" à occuper la terrasse de l’annexe du ministère de l’Éducation nationale à Rabat, la capitale du Maroc. Les militants se disent prêts à s’immoler par le feu s’ils ne sont pas recrutés immédiatement par la fonction publique. Hier après-midi, plusieurs d’entre eux sont passés à l’acte.

 

Le terme de "diplômés chômeurs" ou "cadres chômeurs" correspond aux jeunes diplômés de troisième cycle sans emploi. En juillet 2011, après un sit-in de plusieurs jours, les représentants des "diplômés chômeurs" de Rabat avaient obtenu un accord qui prévoyait, pensaient-ils, leur recrutement par la fonction publique en 2012. Mais ils ont ensuite compris que l’embauche directe serait en fait limitée aux diplômés de 2010. À Rabat, 180 d’entre eux ont donc constitué, il y a deux semaines, le "groupe des cadres supérieurs exclus de la convention du 20 juillet".

 

Le secrétaire général du groupe avait déjà indiqué que la situation pourrait mal tourner si les autorités ne réglaient pas vite la situation et aurait évoqué la possibilité d’un suicide collectif.

 

Selon les derniers chiffres officiels, le taux de chômage parmi les jeunes de moins de 34 ans au Maroc est de 31,4%.

 

Les autorités de la wilaya de Rabat, l’autorité administrative locale, ont refusé de répondre à nos questions.

 

Vidéo postée sur YouTube par amal8fevrier.D'autres images ont été postées par le même internaute mais France 24 a choisi de ne pas les diffuser.

 

"Nous dénonçons un système clientéliste qui pratique la politique du cas particulier"

Aziz Elbeghiti fait partie du groupe des "diplômés chômeurs" qui occupe l’annexe du ministère de l’Éducation nationale à Rabat.

 

Depuis le début du mouvement, il y a deux semaines, le ravitaillement des personnes qui occupent l’annexe se faisait sans trop de problème. Mais hier, alors que des "diplômés chômeurs" venus de l’extérieur ont tenté d’approvisionner le groupe de grévistes en nourriture et en eau, les autorités sont intervenues violemment pour empêcher le ravitaillement. En signe de protestation, trois personnes du groupe se sont immolées [selon le représentant du bureau des droits de l’Homme, ils étaient cinq. Deux d’entre eux sont dans un état grave et trois autres sont légèrement blessés]. Et les policiers sont restés les bras croisés.

 

Moi, personnellement, j’ai été diplômé en juillet 2011. Pas de chance, les diplômés de 2011 ont été, sans raison apparente, exclus de l’accord du 20 juillet 2011 et ne seront donc pas recrutés par le secteur public. Nous dénonçons un système clientéliste qui pratique la politique du cas particulier et ce, sans transparence. [Selon l’association marocaine des droits de l’Homme, ce sont surtout les jeunes diplômés en relation avec les partis politiques qui ont profité des créations de postes, en outre quelques diplômés de 2011 auraient également été recrutés sans justifications claires ndlr.]

 

Au début du mouvement, le Premier ministre Abdelilah Benkirane est passé nous voir et nous a fait la promesse de s’occuper de notre situation mais rien n’a été fait jusqu’à présent. Nous prévoyons cet après-midi une nouvelle manifestation afin de comprendre pourquoi nous avons été exclus de cet accord, et pour demander à être directement recrutés par le secteur public. "