PHILIPPINES

Inondations éclairs aux Philippines : "Nous n’étions pas prêts"

Les Philippines se préparent à enterrer les corps des victimes après la soudaine vague d’inondations de vendredi qui a coûté la vie à des centaines de personnes dans l’île de Mindanao au sud du pays. Selon notre Observateur, l’île de Mindanao se situe dans une zone souvent épargnée par les typhons qui frappent la région, d’où le manque de préparation.

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Photo par Plan International.

 

Les Philippines se préparent à enterrer les corps des victimes après la soudaine vague d’inondations de vendredi qui a coûté la vie à des centaines de personnes dans l’île de Mindanao au sud du pays. Selon notre Observateur, l’île de Mindanao se situe dans une zone souvent épargnée par les typhons qui frappent la région, d’où le manque de préparation.

 

Avec plus de 700 victimes, les villes portuaires d’Illigan et de Cagayan de Oro ont été particulièrement touchées par la tempête Washi. La Croix Rouge locale a annoncé que des centaines de personnes étaient encore recherchées. Selon les autorités, la plupart des victimes étaient des "habitants informels" - le terme utilisé pour désigner les nombreux pauvres installés dans les bidonvilles de l’île.

 

Les autorités sanitaires travaillent désormais à partir d’échantillon ADN et de photographies pour identifier les victimes, tout en espérant que les familles viendront réclamer les corps avant qu’ils ne soient enterrés dans des fosses communes un peu plus tard dans la semaine. Mais les organisations funéraires locales ne pouvant faire fasse à la demande, la ville d’Iligan a déjà commencé à creuser plusieurs de ces fosses.

 

Des corps empilés dans une morgue de fortune à Iligan. Photo publiée sur Twitpic par Jet B. Leyco.

"Normalement un typhon, ici, ça se traduit par un peu de pluie. Personne ne se doutait que cette fois-ci ce serait différent."

Marc de Piolenc est Canadien et vit à Iligan, une des villes les plus durement frappées par le typhon.

 

Cela fait treize ans que je vis ici avec ma famille, et je n’ai jamais vu de typhon s’approcher si près de la côte. Régulièrement, on nous prévient d’arrivées de fortes intempéries et nous avons dû entendre ce genre de prévision une centaine de fois. Normalement, un typhon, ici, ça se traduit par un peu de pluie. Personne ne se doutait que cette fois-ci ce serait différent. Nous n’étions pas du tout préparés.

 

Dans la nuit de vendredi à samedi, nous avons été réveillés par des pluie diluviennes, puis des rafales de vent. On a vite compris que ce n’était pas les intempéries que nous connaissions. Puis la pluie s’est arrêtée net, et on a respiré, soulagés. Mais, plus d’une heure après, on a entendu les voisins crier "l’eau monte !" et, effectivement, le niveau montait très rapidement. Le temps de sortir et notre rue était déjà transformée en fleuve.

 

"Certains quartiers ont été entièrement dévastés, d’autres ont tout simplement disparu"

 

À l’intérieur de notre maison, qui heureusement est surélevée, une eau boueuse et puante nous est montée jusqu’aux genoux. On a vite pu mettre nos petites filles et nos papiers à l’abri à l’étage. Chez la plupart de nos voisins, le niveau de l’eau leur arrivait jusqu’à la poitrine.

 

Nous avons eu beaucoup de chance. Certains quartiers ont été entièrement dévastés, d’autres ont tout simplement disparu. Il y a des débris absolument partout.

 

D’habitude, ici, les familles enterrent leurs propres morts, mais maintenant que des familles entières se sont noyées, c’est très compliqué à gérer. Les autorités doivent donc organiser des funérailles communes.

 

Les militaires ont envoyé un bataillon entier d’ingénieurs pour partir à la recherche des morts. Et, tous les jours, ils trouvent de nouvelles dépouilles qu’ils ont du mal à identifier."

 

 

Les habitants de la ville de Dumaguete fouillent dans les débris après la tempête. Vidéo publiée sur YouTube par talldrox07

 

Les dégats du typhon dans la ville portuaire de Cagayan de Oro. Video: World Vision Philippines.