Capture d'écran d'une vidéo montrant les chars de l'armée régulière positionnés à l'entrée nord de la ville.
 
Alors que tous les regards sont tournés vers Homs, les affrontements ont repris hier, un peu plus au nord, dans la ville d’Hama. Les chars de l’armée syrienne ont réinvesti la ville, qui poursuit, malgré la répression, le mouvement de grève générale impulsé par l’opposition.
 
Pour la première fois depuis le mois d’août, les chars de l’armée sont revenus à Hama. Une attaque qui survient après que des soldats déserteurs ont tendu, hier, une embuscade à quatre jeeps militaires dans la ville, faisant huit morts dans les rangs de l’armée régulière. Le nombre de tués dans les rangs de l’opposition depuis mercredi s’élève à 23 morts.
 
Les chars à l'entrée nord de la ville.

"Les attaques des soldats de l’Armée Syrienne Libre ont exaspéré les soldats de Bachar al-Assad"

Sameh fait partie du comité révolutionnaire de la ville d’Hama.
 
L’armée n’est jamais complètement partie d’ici. Mais hier, les chars sont à nouveau rentrés dans la ville et ils se sont basés dans des endroits stratégiques. Des soldats ont aussi été appelés en renfort.
 
Il y a maintenant une dizaine de chars et entre 25 et 30 blindés. Une partie de l’armée s’est positionnée autour du fort qui surplombe un certain nombre des quartiers. L’autre partie se trouve sur la colline de Barnaoui qui surplombe également Hama.
 
Nous ne sommes pas complètement assiégés, mais il y a des blindés et des barrages aux cinq entrées de la ville. Des tranchées ont également été creusées à sa périphérie. De plus, certains quartiers se trouvent isolés à cause de la présence des snipers ou des barrages mobiles, comme c’est le cas des quartiers d’Al-Hamidiya, d’Al-Charkiya, d’Al-Baroudiya ou de Bab Al-Kebli.
 
Plusieurs raisons peuvent expliquer le retour de l’armée à Hama. Il y a bien sûr la grève générale [vendredi dernier, l’opposition a appelé à une grève générale sous le slogan de "vendredi de la grève de la dignité", mouvement très suivi à Hama]. Cette grève a en effet paralysé en partie l’activité des administrations. Mais les attaques des soldats de l’Armée Syrienne Libre [militaires syriens ayant fait défection] ont également exaspéré les soldats de Bachar al-Assad, sans compter le fait que l’on filme les manifestations. Enfin, les habitants de Hama ont bloqué les routes avec des poubelles, des pierres et des morceaux de bois pour rendre la circulation plus difficile et inciter ceux qui hésitaient encore à rejoindre le mouvement de grève. Ils espérent transformer cette protestation en une vague générale de désobéissance civile."
Les tranchées creusées par l'armée à la périphérie de la ville.
Cet article a été rédigé en collaboration avec Sarra Grira, journaliste à France 24.