YEMEN

À Taez, les manifestants tombent la chemise en signe de paix

 Depuis des mois, les manifestants yéménites n'ont cessé d'affirmer que leur mouvement restera pacifique. Et à Taez, les hommes ont choisi de manifester torse nu pour exprimer leur dénuement face aux armes de la répression.

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Depuis des mois, les manifestants yéménites n'ont cessé d'affirmer que leur mouvement restera pacifique. Et à Taez, les hommes ont choisi de manifester torse nu pour exprimer leur dénuement face aux armes de la répression.

 

Il y a une semaine, la troisième plus grande ville du Yémen, était le terrain de violents affrontements entre les forces gouvernementales fidèles au président Ali Abdallah Saleh et des combattant tribaux qui soutiennent le mouvement de contestation du régime en place. Les violences auraient provoqué dix-huit morts dont huit civils et cinq soldats. Selon les habitants, plusieurs quartiers de Taez ont été la cible des forces gouvernementales qui auraient utilisé des armes lourdes dont des obus de mortiers.

 

Si certains groupes armés ont choisi de se poser en protecteurs des manifestants, ces derniers n’en souhaitent pas moins rappeler que leur contestation, lancée il y a neuf mois, est avant tout pacifique.

 

Ces photos ont été prises par Abdelkarim Alzari, le 9 novembre à Taez et postées sur sa pageFacebook.

"Ils défilent torse nu pour signifier qu’ils sont désarmés et non violents"

 

Abdelkarim Alzari est journaliste free-lance à Taez.

 

Depuis le début de la révolte au Yémen, les jeunes de Taez sortent manifester tous les jours à 10 heures. Très souvent ces manifestations sont réprimées. Aujourd’hui encore, il y a eu un mort et plusieurs blessés pendant le rassemblement. Ils défilent torse nu pour signifier qu’ils sont désarmés et non violents. D’ailleurs, leurs slogans disaient "Dégage !" mais également "Nous te détrônerons avec nos torses nus !".

 

Les portraits arborés par les jeunes sont ceux de trois leaders. Celui de droite est  Abdul Fattah Ismail, leader socialiste assassiné dans les années 1990. Au milieu trône le portrait de celui qu’on appelait "le Leader", un des chefs de la contestation qui a été assassiné il y a une semaine. Enfin, le portrait de gauche est celui d’Ibrahim Al Hamdy, l’ancien président yéménite, qui a été assassiné en 1977. Cet homme symbolise le refus du tribalisme et les Yéménites considèrent que le pays a connu une période de prospérité durant son mandat. Aujourd’hui, beaucoup le regrettent."