SYRIE

Bachar al-Assad annonce l'arrêt des massacres ce mercredi, mais ses milices tuent encore...

 Nos Observateurs nous ont alerté sur la découverte mercredi de onze cadavres dans un village près de Homs, dans le nord-ouest de la Syrie. Ils nous ont également fait parvenir des vidéos montrant les corps des victimes. Il s’agit d’ouvriers d’une même usine égorgés ou tués d’une balle dans la tête.

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Capture d'écran d'une vidéo montrant l'une des victimes du massacre à Al Houla, bâillonnée.

 

Nos Observateurs nous ont alerté sur la découverte mercredi de onze cadavres dans un village près de Homs, dans le nord-ouest de la Syrie. Ils nous ont également fait parvenir des vidéos montrant les corps des victimes. Il s’agit d’ouvriers d’une même usine égorgés ou tués d’une balle dans la tête.

 

Les corps ont été retrouvés mercredi 2 novembre au matin dans une fabrique de mouchoirs d’Al Houla, un village près de Homs. Une information qui nous arrive alors que le gouvernement de Bachar al-Assad vient officiellement d’accepter la proposition de la Ligue arabe qui le sommait, entre autres, d’arrêter les actes de violence, de retirer l’armée et de laisser les médias entrer en Syrie.

Les images de la vidéo montrant les victimes étant choquantes, nous avons choisi de ne montrer que quelques captures d'écran

 

 

"La responsabilité de l’armée ne fait pour moi aucun doute car l’usine se trouve à 300 mètres d’un barrage militaire"

Sofiane Abul Walid est un activiste syrien d’Al Houla. Il a filmé l’une des vidéos où l’on voit les cadavres des ouvriers.

 

Nous avions remarqué ce matin un mouvement inhabituel de soldats dans notre village. Mais c’est uniquement lorsque les ouvriers sont arrivés à l’usine de mouchoirs que nous avons découvert le massacre. Il y avait en tout onze cadavres, dont celui du directeur de l’usine. Ils avaient tous la bouche bâillonnée avec du ruban adhésif et les mains attachées derrière le dos. Huit d’entre eux ont été tués par balle, à bout portant, et les trois autres ont été égorgés. Nous avons même dû replacer les tête sur le tronc des cadavres.

 

La responsabilité de l’armée dans ce massacre ne fait pour moi aucun doute car l’usine se trouve à 300 mètres d’un barrage militaire et aucune voiture ne peut y accéder sans être fouillée par les militaires. Si les soldats n’ont pas commis ce massacre eux-mêmes et que cette horreur a été perpétrée par les chabbihas [milices du régime], ils ont pour le moins laissé faire car il est impossible qu’ils n’aient rien entendu.

 

 

Vidéo des funérailles cet après-midi à Al Houla.

 

"Nous sommes décidés à nous défendre contre ce régime, quitte à prendre les armes"

 

Je pense que l’armée ou les chabbihas ont choisi cette usine car elle se trouve à deux kilomètres de la zone habitée d’Al Houla et ils pouvaient donc être sûrs qu’ils ne seraient pas dérangés. Je crains aussi qu’ils ne veuillent par cet acte alimenter les divisions confessionnelles car Al Houla est le seul village sunnite de la région de Homs, les neuf autres sont alaouites. Ce régime joue avec le sang de son peuple.

 

J’ai l’impression que le régime repousse à chaque fois les limites de sa barbarie. Nous ne pouvons accepter cela. Nous sommes décidés à nous défendre contre ce régime, quitte à prendre les armes."

Cet article a été rédigé en collaboration avec Sarra Grira, journaliste à FRANCE 24.