Pas moins de dix Tibétains, neuf moines et une nonne, se seraient immolés par le feu depuis mars dernier pour protester contre les pressions de Pékin sur la province du Tibet. Et malgré les efforts des autorités chinoises pour censurer ces images, des vidéos commencent à circuler sur le Web.
 
Sur cette vidéo amateur, un homme agonise à terre, son corps, encore fumant, est recouvert de mousse anti-incendie. Une voiture de police chinoise et des unités anti-émeutes sont clairement visibles en arrière-plan.
 
Des militants tibétains en exil affirment que le corps partiellement carbonisé est celui d’un jeune moine tibétain du nom de Lobsang Konchok, qui se serait immolé avec un de ses coreligionnaires le 26 septembre dernier dans la province chinoise du Sichuan. Konchok aurait survécu à ses blessures selon les médias chinois.
 
 
ATTENTION : CETTE VIDEO CONTIENT DES IMAGES QUI PEUVENT CHOQUER


La vidéo a été transmise anonymement à des organisations pro-tibétaines, ainsi qu’à l’agence de presse américaine Associated Press. Le blog pro-Tibet ‘Invisible Tibet’ a par ailleurs publié des photos du corps du jeune moine en train de s’embraser.
 
 
 
Konchock s’est immolé près du monastère de Kirti, dans la préfecture d’Aba, une région isolée dans l’est du Tibet historique.
 
Les manifestations des moines de Kirti au printemps 2008 avaient déjà été réprimées dans le sang - au moins 13 morts selon des activistes tibétains et plusieurs immolations ont déjà eu lieu dans ce site prestigieux du bouddhisme tibétain.
 
Selon Stéphanie Bridgen, directrice de Free Tibet, une ONG basée à Londres, cette série d’immolations résulte de la campagne chinoise qui inciterait les moines tibétains à ne plus reconnaître le Dalaï Lama comme chef spirituel : "Ils ont dédié leur vie à leur foi et on les force à renoncer au Dalaï Lama, qu’ils considèrent comme la réincarnation vivante du Boudha de Compassion. Ils sont désespérés et voient l’immolation comme leur seul recours".
 
Pour les autorités chinoises, ces immolations ne sont rien d’autre que des actes criminels visant à déclencher des  "troubles".