RUSSIE

Les "roofers" défient les plus hauts toits du monde

 Ils se font appeler les “roofers" (couvreurs). Pourtant, leur activité ne consiste pas à construire des toits mais à les escalader. Et plus c’est haut, plus ça leur plait.

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Les "roofers" en voyage en Ukraine.

 

Ils se font appeler les “roofers" (couvreurs). Pourtant, leur activité ne consiste pas à construire des toits mais à les escalader. Et plus c’est haut, plus ça leur plait.

 

Les Russes ont la réputation méritée d’aimer repousser les limites des sports les plus extrêmes. Cette année, la nouvelle tendance s’appelle le "roofing". Un hobby qui consiste à escalader les gratte-ciels, ponts, cheminées et autres constructions, et de prendre des photos une fois perché au sommet. Bien entendu, les "roofers" n’attendent pas d’avoir une permission officielle pour s’adonner à leur passion et prennent, à chaque fois, le risque de se retrouver au poste de police. Si certains adeptes pratiquent seuls, d’autres préfèrent être en groupe. Le plus célèbre gang de "roofers" est celui de Vitaly Raskalov et de ses amis.

 

Vue de la cheminée d’une centrale électrique à Moscou.

“En dernier recours, on grimpe le long des canalisations”

 

Vitaly Raskalov a 18 ans et vit à Moscou.

 

Nous avons créé cette équipe il y a un an. On est presque tous étudiants. J’escalade avec Vadim de Novossibirsk, Kirill de Moscou et Dima de Minsk. Nous avions chacun de notre côté une petite expérience dans ce sport. Puis, on s’est retrouvé sur Internet pour se lancer ensemble à l’assaut des bâtiments.

 

Pour grimper sur les toits, on utilise essentiellement des escaliers de secours, on passe par des greniers qui s’ouvrent sur le toit, etc…Le moyen le plus extrême, c’est de grimper le long des canalisations, mais on ne fait ça qu’en dernier recours.

 

Parfois, on doit abandonner mais c’est très rare. Par exemple, dès le premier essai, nous n’avons pas pu escalader le bâtiment de la compagnie Hydroproject à Moscou car l’immeuble est sécurisé avec des serrures magnétiques et il y a des alarmes partout.

 

La statue de Pierre le Grand, Moscou.

 

“Notre rêve, c’est de gravir le bâtiment de l’université d’Etat de Moscou"

 

Notre première grande victoire, c’est d’avoir réussi à atteindre le toit de l'un des six gratte-ciels staliniens de Moscou, [Moscow Seven Sisters]. Je ne saurais même pas vous décrire à quel point ça m’a bouleversé. Jusqu’à aujourd’hui, notre plus grande réussite, c’est d’avoir pu grimper au sommet  de la statue de Pierre le Grand à Moscou.

 

On rêve maintenant de gravir le bâtiment de l’université d’Etat. Mais ce n’est pas une mince affaire. L’entrée est gardée par des policiers et il faut une carte d’étudiant de la faculté pour pénétrer dans les locaux. Les derniers étages sont sous la surveillance du Service fédéral de sécurité [FSB, ex-KGB] 24h/24 et 7jours/7. Certains disent que c’est parce que l’extrémité pointue du toit sert d’antenne pour les communications sécrètes. Alors, on ne se sait pas trop à quoi s’attendre une fois là-haut. "

 

Le pont de Zhivopisny à Moscou.

 

À Kiev, en Ukraine.

 

Le Krasnye Vorota, un des immeubles staliniens de Moscou.

 

La tour de l’horloge du siège des services de renseignements, Minsk, Biélorussie.

 

 

 

 

Toutes ces photos ont été prises par Vitaly Raskalov et postées sur son blog.

 

 

Au sommet de la centrale électrique de Moscou. Les “roofers” discutent du fait que l’immeuble est censé être sous "haute sécurité" pourtant personne n’est venu les chercher alors qu’ils ont déclenché une alarme, une heure et demi plus tôt,  en entrant dans le complexe.

 

Les "roofers" descendent par l’extérieur après s’être fait enfermés à l’intérieur par la sécurité.