La Thaïlande vit actuellement ses pires inondations depuis des décennies. Notre Observatrice nous a envoyé des photos de sa maison à Chiang Mai, une ville du nord dévastée par les crues, et nous raconte sa vie après le déluge.
 
Depuis deux mois, une tempête tropicale puis des pluies de mousson ont submergé plusieurs régions du pays. Quelque 2,7 millions de personnes sont touchées. Le bilan des morts s’élevait déjà vendredi à 252 personnes et trois personnes sont portées disparues, selon le Département de la prévention et de la gestion des catastrophes. Sur les 77 provinces du pays, 58 ont connu des pluies dévastatrices au cours des deux derniers mois et 28 sont toujours inondées.
  
Notre Observatrice a filmé cette vidéo chez elle, à Chiang Mai, le 29 septembre. 

"Ce n’est pas la pluie le pire. Ce sont tous les animaux morts, les vers de terre et les ordures qui sont charriés à l’intérieur de la maison"

Nutt vit et travaille à Bangkok, mais elle a rejoint ses parents à Chiang Mai pour les aider pendant les inondations.
 
La nuit après mon arrivée chez mes parents, l’eau a commencé à pénétrer rapidement dans la maison. Nous avons été pris de panique. Nous avons tout de suite mis nos mobylettes et notre pick-up sur une route surélevée pour ne pas perdre nos seuls moyens de locomotion. Nous avons ensuite mis 1h30 pour rentrer à pied à la maison.
 
 
 
 
 
Depuis, même si le niveau de l’eau a un peu baissé en début de semaine, notre maison reste inondée. Nous essayons quand même de vivre normalement. La connexion Internet fonctionne toujours, la télévision aussi et nous arrivons encore à cuisiner. Mais nous ne sortons pas beaucoup, parce que l’eau a apporté beaucoup de boue à l’intérieur. On a même des tas de serpents et des scorpions autour de la maison. C’est assez dangereux de se déplacer.
 
 
 
 
 
Nous sommes situés très loin de la principale route, donc c’est difficile pour les gens de l’extérieur de venir nous aider. Mais aujourd’hui, heureusement, des équipes de secours ont pu nous ravitailler en nourriture et nous avons de nouveau accès à l’eau courante. Nous nous attelons maintenant à nettoyer la maison. Ce n’est pas la pluie le pire, ce sont tous les animaux morts, les vers de terre et les ordures qui ont été charriés à l’intérieur."