SYRIE

Les opposants syriens ne se laissent pas ébranler par la brutalité policière

Plusieurs vidéos montrant les forces de sécurité syriennes brutalisant des opposants au président Bachar al-Assad ou des soldats qui ont essayé de faire défection, ont été mises en ligne ces derniers jours sur la Toile. Ces enregistrements, qui semblent émaner des forces de sécurité elles-mêmes, sont diffusés pour effrayer les manifestants. Mais selon nos Observateurs, il en faudra davantage pour mettre au pas les opposants.

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Plusieurs vidéos montrant les forces de sécurité syriennes brutalisant des opposants au président Bachar al-Assad ou des soldats qui ont essayé de faire défection, ont été mises en ligne ces derniers jours sur la Toile. Ces enregistrements, qui semblent émaner des forces de sécurité elles-mêmes, sont diffusés pour effrayer les manifestants. Mais selon nos Observateurs, il en faudra davantage pour mettre au pas les opposants.

 

La première vidéo montre des prisonniers battus, humiliés et forcés de répéter des slogans en faveur du président Bachar al-Assad. Nos Observateurs pensent que les uniformes portés par les tortionnaires correspondent à ceux portés par les membres de la branche anti-terroriste. Cette vidéo a été postée sur Youtube, le 23 août. Il est difficile d’identifier le lieu de l’enregistrement et l'identité précise des tortionnaires.

 

ATTENTION, CETTE VIDEO PEUT CHOQUER.

 

“J’ai été battu, insulté et j’ai reçu des chocs électriques”

Waleed Fares (pseudonyme) vit à Homs, en Syrie.

 

Je sais ce dont les forces de sécurité sont capables. J’ai moi-même été arrêté après avoir été accusé d’être à l'origine de manifestations. J’ai été placé dans une petite cellule : elle était sale, il y faisait aussi froid que dans un réfrigérateur. Puis j’ai été placé en isolement pendant cinq jours, dans une cellule complètement opaque. Je pouvais entendre les voix des autres détenus, j’avais l’impression qu’elles montaient au ciel.

 

J’ai été battu, insulté et j’ai reçu des chocs électriques. J’ai subi bien d’autres choses, mais j’ai été chanceux car certains prisonniers ont été torturés jusqu’à la mort."

 

 

ATTENTION, CETTE VIDEO PEUT CHOQUER.

 

 

Dans la deuxième vidéo, on voit un soldat accusé de désertion. Ces compagnons d’armes lui demandent s’il y a d’autres traîtres dans leurs rangs, tout en le battant à plusieurs reprises. Ils le forcent à répéter : " Il n’y a pas d’autre dieu que [Bachar al-]Assad." (une déformation de la profession de foi musulmane "il n'y a de dieu que Dieu"). Postée sur YouTube le 21 août, cette vidéo a été filmée à Al-Rastan, dans la périphérie de la ville de Homs.

 

“Les forces de sécurité sont conditionnées pour croire fermement que le peuple est leur ennemi public n°1. ”

Khaldoon Al-Aswad est un médecin et un militant des droits de l’Homme. Originaire de Syrie, il vit aujourd’hui à Chicago.

 

Ces images ont pu être diffusées pour plusieurs raisons. Elles ont pu être filmées par des membres des forces de sécurité qui s’opposent à une pareille brutalité. Ou au contraire, par des membres fiers de ce qu’ils font et qui savent qu’ils ne seront pas poursuivis.

 

La dernière fois que je me suis rendu en Syrie, il y a trois ans, j’ai été interrogé par les forces de sécurité. Ils m’ont posé des questions sur ma vie aux États-Unis, ils m’ont prévenu que les personnes vivant en Syrie ne sont pas civilisées, qu'elles étaient des animaux. Les forces de sécurité sont conditionnées pour croire fermement que le peuple est leur ennemi public n°1. ”

 

 

ATTENTION, CETTE VIDEO PEUT CHOQUER.

 

 

Selon nos Observateurs, la troisième vidéo aurait été filmée lors de l’arrestation de manifestants par des forces de sécurité dans la ville de Hama. Elle a été postée sur YouTube le 20 août.

 

 

“Je ne sais pas si les forces de sécurité diffusent ces vidéos pour nous effrayer, mais elles ne réussiront pas à nous empêcher de manifester”

Sahin (pseudonyme) vit à Homs, Syrie.

 

Depuis tout petit, mes parents m’ont raconté tous ces horribles traitements dont sont victimes les personnes arrêtées par les forces de sécurité. Tout le monde sait que dès que vous êtes arrêté, vous êtes potentiellement un martyr. Ce que montrent ces vidéos ne m’étonne donc pas.

 

Je ne sais pas si les forces de sécurité diffusent ces vidéos pour nous effrayer, mais quoi qu'il en soit, elles ne réussiront pas à nous empêcher de manifester, bien au contraire ! Ces vidéos nous mettent en colère et nous incitent à protester davantage contre le régime en place. Cependant, ces images horribles ne sont rien en comparaison avec les atrocités qui ne sont pas filmées.”