ÉTATS-UNIS

Quand les "flash-mobs" cèdent la place aux "flash-robs"

  Un "flash-mob" est le rassemblement d’un groupe de personnes dans un lieu public et pour se livrer à une performance éclair (chorégraphie, danse, etc.). Aux Etats-Unis, des jeunes se sont inspirés de ce concept de mobilisation éclair pour inventer les "flash-robs", ou "vols éclair".

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Un "flash-mob" est le rassemblement d’un groupe de personnes dans un lieu public et pour se livrer à une performance éclair (chorégraphie, danse, etc.). Aux Etats-Unis, des jeunes se sont inspirés de ce concept de mobilisation éclair pour inventer les "flash-robs", ou "vols éclair".

 

Très populaire depuis quelques années, le concept de flash-mob est généralement utilisé à des fins publicitaires ou ludiques. Il a aujourd’hui été adapté sur un mode moins bon enfant.

 

L’été dernier, à Philadelphie, aux Etats-Unis, des jeunes avaient déjà inauguré le concept "d’agression éclair" : ils avaient déferlé dans les rues, agressé des piétons au hasard et tout saccagé sur leur passage. Un type de délinquance qui a depuis frappé d’autres villes du pays. Le 14 août dernier, à Germantown dans le Maryland, une caméra de vidéosurveillance a par exemple filmé une dizaine de jeunes entrer dans un supermarché pour le dévaliser dans le plus grand calme. 

 

Vidéo publiée sur YouTube par iwatchucam.

 

Autre exemple, la semaine dernière, au nord de Washington DC, des jeunes femmes se sont introduites dans une épicerie et ont pillé les étalages avec le même flegme. Ce sont les internautes américains qui ont qualifié cette nouvelle pratique de "flash-rob" (ou "vol éclair").

 

Vidéo publiée sur YouTube par jtbpnw.

 

Les autorités s’inquiètent elles aussi de cette criminalité de plus en plus à la mode. Le maire de Washington DC lui-même, Vincent Gray, a condamné publiquement cette nouvelle forme de délinquance, avertissant leurs auteurs que, "flash-mob" ou pas, ils seraient poursuivis en justice.

“Même si ces vols sont commis sans violence, ils pourraient rapidement dégénérer. Imaginons que le responsable d’un magasin ait une arme”

Jorge Ribas est le président de la Chambre de commerce hispanique de Germantown, dans le Maryland.

 

Ce qui était surprenant dans le pillage du 7-Eleven [une enseigne de supermarché américain], c’était que les adolescents n’étaient ni violents, ni vraiment agressifs. Mais le propriétaire du magasin n’a rien pu faire parce qu’ils étaient très nombreux. L’intimidation joue un rôle essentiel dans ce genre de délit.

 

Ces actes de délinquance existent dans ma ville depuis deux ou trois ans. Mais jusqu’à présent, il s’agissait toujours d’actes isolés impliquant quelques adolescents, mais pas 20 ou 30 personnes d’un coup. Ici, on sent que le fait d’être en groupe leur donne le sentiment d’être protégés. Ils font ça pour s’amuser autant que pour voler.

 

Leurs actions sont très bien organisées. Par exemple, quinze jeunes peuvent marcher séparément dans une rue et puis se rejoindre soudainement dans un endroit précis, comme dans un magasin. Ils communiquent entre eux grâce à leur téléphone portable. Ou grâce à Facebook.

 

Je connais des propriétaires de magasins qui n’osent pas appeler la police parce qu’ils savent que les journaux en parleront : ils craignent ainsi de perdre des clients, qui pourraient penser que leur commerce n’est plus un lieu sûr. Ce qui les inquiète aussi, c’est que ces gangs décident de revenir se venger.

 

Même si ces vols sont commis sans violence, ils pourraient rapidement dégénérer. Imaginez que le responsable d’un magasin ait une arme.

 

Pour moi, l’une des raisons qui explique l’émergence de ce phénomène, c’est que les disparités entre les riches et les pauvres n’ont cessé d’augmenter ces dernières années."

Ce billet a été rédigé avec la collaboration de Rachel Holman, journaliste à FRANCE 24.