SYRIE

Les habitants de Homs se réveillent au son d'une pluie d’obus

 Depuis ce matin, à l’aube, la ville de Homs est en proie à une attaque sans précédent de la part de l’armée et des forces de sécurité. Les tirs et les incendies ravagent le centre de la ville. Témoignage de notre Observateur sur place.

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Depuis l’aube de ce jeudi 21 juillet, la ville de Homs est en proie à une attaque sans précédent de la part de l’armée et des forces de sécurité. Les tirs nourris et les incendies ravagent le centre de la ville. Témoignage de notre Observateur sur place.

 

Cela fait plusieurs jours que la répression s’est intensifiée à Homs, troisième ville du pays, située à 160 kilomètres au nord de Damas. Depuis le 16 juillet, et selon les organisations des droits de l’Homme en Syrie, la répression a fait plus de 50 morts. Mardi soir, l’armée a procédé à plusieurs arrestations dans les villages alentour, toujours selon les mêmes sources.

 

Les manifestants syriens ont décidé de dédier la journée de mobilisation de ce vendredi 22 juillet aux habitants de Homs.

 

Tirs de l'armée sur le quartier Al-Marijeh, vidéo postée sur YouTube.

"Si vous croisez l’armée dans la rue, vous êtes au mieux un prisonnier, au pire un homme mort"

Abou Omar est un militant de Homs, il a sillonné quelques quartiers de la ville dans la matinée.

 

Cela fait quelques jours que la ville est en proie aux attaques de l’armée et des forces de l’ordre, mais celles-ci avaient lieu jusque-là pendant la nuit.

 

Depuis 5 heures du matin, des tirs d’armes à feu ont retenti dans le quartier de Bab Essbaa. Deux heures plus tard, ce sont les chars de l’armée qui ont pris le relais. Ils ont commencé à bombarder les quartiers et ont mis le feu dans des échoppes.

 

L’armée a encerclé la ville quartier par quartier. Elle s’est d’abord dirigée vers le sud, à Baba Amr et Bab Eddarb, et ensuite vers les quartiers nord de Khalidiya et Al Bayada. Des barrages ont été installés partout, sous surveillance des soldats et des forces de sécurité. Il y a cependant eu quelques cas de défection. J’ai moi-même vu des soldats déserteurs échanger des coups de feu avec les forces de sécurité.

 

Les tirs se poursuivent toujours, surtout dans le quartier de Bab Essbaa, en plein centre de Homs. Il semble que l’État veuille en finir une fois pour toute avec la contestation dans cette ville qui a été à la pointe de la révolte depuis le 18 mars. Les habitants sont terrorisés et se cloîtrent chez eux. Pour ma part, je fais très attention et je prends des chemins sinueux pour pouvoir me déplacer dans la ville. Si vous croisez l’armée dans la rue, vous êtes au mieux un prisonnier, au pire un homme mort."

 

Un commerce en feu suite aux tirs de l'armée dans le quartier central de Bab Essbaa. Vidéo postée sur YouTube.

Cet article a été rédigé en collaboration avec Sarra Grira, journaliste à France 24.