IRAN

Les Iraniens du monde entier font leur "coming out", sauf en Iran

 "Nous sommes partout", voilà ce qu’ont voulu clamer les homosexuels iraniens du monde entier qui ont fait, ces dernières semaines, un "coming out" général sur Internet. Un message de solidarité qui s’adresse tout particulièrement aux homosexuels d’Iran à qui la sexualité peut coûter la vie.  

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Lors de la première gaypride organisée à Ankara, en Turquie, le 22 mai. Photos postées sur Irqr.

 

"Nous sommes partout", voilà ce qu’ont voulu clamer les homosexuels iraniens du monde entier qui ont fait, ces dernières semaines, un "coming out" général sur Internet. Un message de solidarité qui s’adresse tout particulièrement aux homosexuels d’Iran à qui la sexualité peut coûter la vie.

 

À l’occasion de la Journée internationale contre l'homophobie du 17 mai dernier, Arsham Parsi, le fondateur de l’Organisation des gays iraniens (Iranian Railroad for Queer Refugees) basée à Toronto, au Canada, a appelé sur Facebook les membres de la communauté arc-en-ciel à parler de leur expérience et à poster ces vidéos sur Internet. Et dans le monde entier, les Iraniens ont accepté de libérer leur parole en public et à visage découvert.

 

Dans leur pays d’origine, les droits des homosexuels, bisexuels et transsexuels sont actuellement inexistants. Toutes les relations sexuelles qui ont lieu en dehors du mariage traditionnel sont illégales et considérées comme une violation de la volonté divine.

 

Selon l’interprétation iranienne de la Charia, la sodomie est considérée comme un crime pour lequel les deux partenaires doivent être punis. S’il s’agit d’adultes, sains d'esprit et consentants, ils risquent la peine de mort. Mais en 2005, ce sont bien deux adolescents, dont un mineur au moment des faits, qui ont été pendus à Mashad au nord-est du pays pour avoir eu des rapports sexuels.

 

En 2007,  Mahmoud Ahmadinejad avait affirmé dans l'enceinte de l'Université Columbia à New York qu’il n’y avait "aucun homosexuels en Iran".

 

Sur cette vidéo, Saye Sky, une iranienne s’exprime à l’aide de feuilles de papier. « Je suis homosexuelle, mais, avant tout, humaine ». Postée sur YouTube par  Weareeverywhere.

 

Les homosexuels iraniens réfugiés en Turquie font leur première gaypride

Gaypride à Ankara, le 22 mai. Photos postées sur Irqr.

"Je voudrais qu'on puisse parler d'amour sans peur"

Sur cette vidéo, Shokoofeh, une jeune Iranienne affirme qu’elle a souffert de ne pas pouvoir parler à ses proches quand elle est tombée amoureuse d’une fille pour la première fois. "J'espère pour nos jours futurs un grand soleil, un arc-en-ciel et des amours dont on puisse parler sans peur", conclut-elle. Postée sur YouTube par Weareeverywhere.

 

"En Iran, chaque minute de chaque journée, on s’attend à se faire attraper"

Ama (pseudonyme) vit en Iran.

 

En Iran, être homosexuel implique beaucoup de difficultés et de combats. Ça commence dans les familles qui en général n’acceptent pas notre différence. Personnellement, je fais partie des gens qui ont de la chance car ma sœur n’a pas de soucis avec ma sexualité et s’entend bien avec mes petites amies. Le reste de ma famille se doute de quelque chose mais fait comme si de rien n’était.

 

Le risque pour nous est bien réel. Chaque minute de chaque jour, on s’attend à être découvert car, à n’importe quel moment, la police ou des gens ordinaires pourraient se rendre compte de qui on est. Selon la loi, une lesbienne doit recevoir 100 coups de fouets les trois premières fois où elle est arrêtée. La quatrième fois, elle est exécutée. Pour les gays, c’est différent, ils sont exécutés dès la première fois.

 

On pourrait penser que depuis l’arrivée au pouvoir d’Ahmadinejad, les choses ont empiré, mais c’est faux. La loi a toujours été la même.  Aujourd’hui, tous les mouvements de soutien viennent de l’étranger, personne n’ose soutenir la communauté homosexuelle en Iran. "

"L'Iran m'a laissé tomber"

"Je suis gay et Iranien. J’ai peur de montrer mon visage. J’ai fui l’Iran. J’ai fui ma famille. Mon pays m’a laissé tomber. Maintenant je suis réfugié en Turquie et je compte les jours en cherchant une issue. Mais chaque jour nous appartient. Nous sommes partout." Postée sur YouTube.