Le vidéaste filme l'enseigne d'un laboratoire d'analyses afin de montrer que la manifestation a bien lieu en Syrie, dans un village proche de Damas. 
 
En l’absence de journalistes étrangers, seules les vidéos amateur permettent au monde de suivre les événements en Syrie. Or, les médias internationaux éprouvent des difficultés à vérifier l’authenticité des films circulant sur la Toile, d'autant plus que les médias officiels syriens ne cessent de dénoncer la désinformation et les mensonges diffusés par l’opposition. Conscients qu’il leur faut crédibiliser leurs informations, les manifestants ont trouvé des astuces pour donner, au sein même de leurs images, des informations permettant de les authentifier.
 
Nous avons recensé trois moyens utilisés par les internautes syriens pour "sourcer" leurs vidéos :
 
La personne qui filme donne le nom du lieu et la date de la manifestation
 
Vidéo postée sur YouTube.
 
"Le 29 avril 2011, manifestation des habitants de la ville de Al-Tall [sud-ouest de la Syrie] pour la libération de tous les prisonniers qui ont été arrêtés vendredi dernier."
 
 
Vidéo postée sur YouTube.
 
"Le 29 avril 2011, à 18 heures, les chars entrent dans la ville."
 

L’auteur montre un élément du décor qui témoigne du lieu où a été tournée la vidéo
 
Vidéo postée sur YouTube le 29 avril. 
 
Ici, le manifestant filme l’enseigne d’un laboratoire d’analyses sur laquelle figure l’adresse du bâtiment (un village proche de Damas).
 
L’auteur filme la carte d’identité des personnes avec lesquelles il parle
 
Vidéo postée sur YouTube le 16 avril. 
 
Ici, le vidéaste interroge un jeune manifestant sur la répression dans le village de Baïda, près de Banias. L’interviewé décline ses nom, prénom et ville d’origine en montrant sa carte d’identité, prouvant ainsi qu’il est syrien.
 

"Ils savent que, sans la communauté internationale, ils ne pourront pas débarrasser la Syrie de Bachar al-Assad"

Notre Observateur est un militant syrien en exil qui, avec d’autres, a créé une chaîne sur YouTube, All4OurCountry.
 
En filmant, les jeunes de la révolution syrienne prennent le risque d’être arrêtés et torturés. Mais aujourd’hui, ils n’ont plus peur de la répression. Leur démarche est claire : ils aident les médias étrangers à couvrir les événements. Ils savent que, sans la communauté internationale, ils ne pourront pas débarrasser la Syrie de Bachar al-Assad.
 
Je trouve primordial que les preuves de la brutalité du parti Baas soient archivées. Ces vidéos datées et localisées par leur auteur constituent autant de preuves des crimes contre l’humanité dont le régime syrien devra répondre devant la justice."