CÔTE D'IVOIRE

À Abidjan, on désarme certains civils pour en armer d’autres

 Après une guerre de dix jours, au cours de laquelle Abidjan a sombré dans le chaos, l’heure est au désarmement dans les quartiers de la capitale économique. A Treichville, les Forces républicaines de Côte d'Ivoire (FRCI, fidèles à Alassane Ouattara) sont venues reprendre les armes des habitants. Mais elles sont également venues recruter les plus "compétents" pour gonfler les rangs des forces de sécurité ivoiriennes.   

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Les FRCI sont venues désarmer Treichville le 13 avril, sous les acclamations des habitants. Photo envoyée par Bob CIV, Observateur à France 24.

 

Après une guerre de dix jours, au cours de laquelle Abidjan a sombré dans le chaos, l’heure est au désarmement dans les quartiers de la capitale économique. A Treichville, les Forces républicaines de Côte d'Ivoire (FRCI, fidèles à Alassane Ouattara) sont venues reprendre les armes des habitants. Mais elles sont également venues recruter les plus "compétents" pour gonfler les rangs des forces de sécurité ivoiriennes.

 

Le 13 avril, lors de sa première conférence de presse à l'Hôtel du Golf depuis l'arrestation de Laurent Gbagbo, le président Alassane Ouattara s’est donné "un à deux mois" pour obtenir la "pacification totale" de la Côte d’Ivoire. Il a appelé les "miliciens et mercenaires" à déposer les armes immédiatement, pour qu’elles soient "ramenées et brûlées" par les FRCI, aidées des "forces impartiales" que sont les troupes de l'opération Licorne et l'Onuci. 

 

Son message s’adressait évidemment à ceux qui ont combattu pour Laurent Gbagbo, le président sortant, mais également à ses propres partisans. En effet, ces dernières semaines, de nombreux civils de communes pro-Ouattara s’étaient armés pour, disaient-ils, assurer la protection de leur quartier. Selon nos Observateurs, certains d'entre eux ne se sont pas privés de participer à des pillages.

Billet rédigé avec la collaboration de Peggy Bruguière, journaliste à France 24. 

"Les militaires ont donné leur numéro de téléphone à des ‘commandants’, désignés pour assurer la sécurité de leur quartier"

Niangtreich, 30 ans, est un habitant de Treichville.

 

Les FRCI ont été accueillis comme des libérateurs, hier après-midi [le 13 avril]. Les femmes de la commune criaient "Victoire ! Victoire !" en tapant dans des casseroles, pour acclamer les soldats d’Alassane Ouattara.

 

Les militaires ont donné leur numéro de téléphone à des ‘commandants’, désignés pour assurer la sécurité de leur quartier. Ils pourront appeler les FRCI en cas de problème. Ces derniers ont promis que le commandant Wattao [Issiaka Wattao Ouattara est un des chefs emblématiques des FRCI, qui a procédé à l’arrestation de Laurent Gbagbo le 11 avril dernier] viendrait à Treichville, en personne, féliciter les habitants d’avoir sécurisé la commune ces derniers jours."

"Hier, en rendant ma Kalachnikov, j’ai appris que j’étais trop âgé pour rejoindre les FRCI"

Jacky, 45 ans, habite Treichville et travaille comme manutentionnaire. Il fait parti des civils pro-Ouattara qui ont 'assuré la sécurité' de leur quartier ces dernières semaines.

 

Plusieurs de mes amis qui, comme moi, venaient déposer leur Kalachnikov, ont été recrutés par les hommes des FRCI. Moi-même, j’ai postulé pour être enrôlé, mais un officier m’a dit que j’étais trop âgé. J’ai 45 ans et lui cherchait des hommes de 18 à 30 ans pour veiller à la sécurité de Treichville.

 

Ceux qui ont été choisis sont les plus compétents : ils savent manier une arme et sauront garder leur sang-froid. On leur a redonné une Kalachnikov et un treillis et on leur a indiqué qu’ils bénéficieront d’une formation militaire rapidement."

 

Les FRCI ont recruté des civils qui ont assuré, ces dernières semaines, la sécurisation de leur quartier. Photo envoyée par Bob CIV, Observateur à France 24.